Faute d'homologation officielle, l'Italie débranche un radar routier sur cinq – franceinfo

Faute d’homologation officielle, l’Italie débranche un radar routier sur cinq

Face à un vide juridique depuis 1992, les décisions de justice annulant des amendes se multipliaient. Le ministère des Transports en a tiré les conséquences.

Le 12 juillet, l’Italie a mis hors de fonction plus de 20% de ses radars routiers, soit 850 appareils sur un total de 4 000. Cette décision, prise par le ministère des Transports, est la conséquence d’un vide juridique qui a conduit à l’annulation de nombreuses amendes par les tribunaux.

L’origine de cette situation remonte à 1992, lorsque le Code de la route a été modifié pour exiger l’homologation des radars. Cependant, aucun décret n’a été émis pour préciser les modalités de cette homologation, laissant de nombreux radars simplement « approuvés » administrativement sans réelle validation technique.

En 34 ans, des avocats et des associations de défense des automobilistes ont exploité ce vide, entraînant des contestations qui s’étendront jusqu’en 2028, avec des audiences programmées dans plusieurs villes, dont 400 à Lecce. La Cour de Cassation a, à de nombreuses reprises, souligné la distinction entre l’approbation administrative et l’homologation technique.

Pour remédier à cette situation, un décret a été publié, entraînant l’extinction de 850 « Autovelox », le nom italien pour les radars. Le ministre des Transports, Matteo Salvini, a déclaré : « Assez des radars fantômes, qui n’étaient rien d’autre qu’un impôt caché pour des millions de travailleurs et n’avaient rien à voir avec la sécurité routière. »

Environ 3 150 radars ont été jugés conformes et continueront de fonctionner. Ceux en attente d’homologation devront subir une procédure standard, incluant des contrôles annuels et des exigences telles que le floutage des visages des conducteurs et une marge d’erreur inférieure à 3% pour les vitesses supérieures à 100 km/h.

Cependant, des incertitudes demeurent quant à la solidité juridique des radars restants en fonction, qualifiés de « considérés comme homologués ». Les avocats anticipent déjà de nouvelles batailles juridiques. Parallèlement, les associations de défense des victimes de la route soulignent que les radars, indépendamment de leur statut, contribuent à réduire la vitesse et la mortalité sur les routes. En effet, au cours des six premiers mois de l’année, 658 personnes ont perdu la vie dans des accidents de la route, soit une augmentation de 2% par rapport à l’année précédente.

Source : Franceinfo

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