La liquidation judiciaire de Fibre Excellence Provence scelle le sort de ses 270 salariés à Tarascon
Le tribunal de commerce de Toulouse a prononcé la liquidation judiciaire de l’usine Fibre Excellence de Tarascon (Bouches-du-Rhône). Cette décision met fin à plus de 70 ans d’histoire industrielle. Au-delà des 270 emplois supprimés, c’est tout un bassin économique qui est touché.
Deux jours après le rejet de la dernière offre de reprise portée par le financier Matthieu Pigasse, le tribunal a acté la liquidation judiciaire. Pour les 270 salariés, ce verdict sonne comme un coup de grâce après plusieurs mois d’attente et de mobilisation.
Devant les grilles de l’usine, les équipes continuent de se relayer au rythme des trois-huit. Bien que l’espoir d’une reprise soit presque évanoui, certains, comme Jean Michel Bulinge de la CGT, tentent de garder espoir : « Dans l’histoire industrielle du pays, on a vu des situations sauvées, mais c’est vrai que pour nous le coup est dur. »
Jérôme, 54 ans, qui a travaillé quinze ans sur le site, doit désormais envisager un avenir incertain à quelques années de la retraite. « Je sais que ça va être direction France Travail, mais à mon âge, c’est compliqué », confie-t-il.
La liquidation ne frappe pas seulement les employés directs. Elle touche également les salariés des entreprises prestataires, comme Billel, employé d’une société de nettoyage. « C’est un peu comme une famille ici. Je ne sais pas comment ça va se passer pour la suite », déclare-t-il.
Fondée en 1951 sous le nom de La Cellulose du Rhône, l’usine a longtemps été un symbole industriel de Tarascon. Sa fermeture impacte non seulement les emplois directs, mais également un réseau économique plus large, incluant transporteurs et prestataires industriels. Selon les syndicats, entre 5 000 et 10 000 emplois indirects pourraient être affectés par cet arrêt définitif.
Placée en redressement judiciaire au printemps, l’entreprise n’a pas trouvé de solution pour poursuivre son activité, avec un passif estimé à près de 105 millions d’euros.
Source : ici.fr

