Faire ressusciter les défunts grâce à l’intelligence artificielle

Ressusciter les défunts grâce à l’intelligence artificielle

Il y a deux ans, Rebecca Nolan a utilisé ChatGPT pour créer un robot conversationnel à l’image de son défunt père, en l’alimentant avec des heures d’enregistrements de sa voix. Son père, décédé alors qu’elle n’avait que 14 ans, avait laissé des messages vocaux pour que sa famille puisse les écouter après son décès.

Dans cette démarche, Rebecca espérait recréer des conversations significatives. Cependant, après deux heures de dialogue avec ce qu’elle a nommé le « dad bot », elle s’est retrouvée en pleurs, ressentant plutôt de la frustration. ChatGPT lui a rappelé qu’il n’était qu’un agent conversationnel, incapable de remplacer son père, affirmant : « Je ne suis qu’un écho, une imitation, pas la réalité. »

Les modèles d’intelligence artificielle sont de plus en plus utilisés pour faire revivre les défunts, exploitant les traces numériques laissées par de nombreuses personnes. Des entreprises comme « You, Only Virtual » et « re;memory » proposent des services permettant de créer des répliques numériques de proches, en utilisant leurs écrits et enregistrements. Ces entreprises affirment que leurs créations peuvent « apprendre, évoluer et entretenir un lien unique ».

Cependant, cette tendance soulève des préoccupations éthiques. Elaine Kasket, psychologue à l’Université de Bath, s’inquiète que ces services transforment le deuil en marchandise. Elle souligne que le deuil est une expérience personnelle et qu’il n’existe pas de méthode universelle pour le surmonter.

Une étude récente de l’Université du Colorado a examiné comment les gens interagissent avec des représentations générées par l’intelligence artificielle de proches décédés. Les résultats montrent que les participants préfèrent souvent la version incarnée de leur proche, la trouvant plus réconfortante. Cependant, ils ont également exprimé des craintes concernant une dépendance potentielle à ces technologies, qui pourraient perturber le processus normal de deuil.

Pour Rebecca Nolan, l’expérience avec son « dad bot » a eu l’effet inverse de ce qu’elle espérait. Elle a constaté qu’elle était devenue dépendante de cette technologie pour converser avec son père, ce qui lui a semblé être une perte significative.

Source : CBC News

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