À Marseille, l’avenir de l’Institut Paoli-Calmettes passe par la data

Cent ans après sa création, l’Institut Paoli-Calmettes se dote d’une direction déléguée dédiée à la donnée, l’analyse et à l’intelligence artificielle, afin d’améliorer le service aux patients et avancer dans la recherche contre le cancer.

À l’Institut Paoli-Calmettes (IPC), pôle d’excellence dans le traitement du cancer à Marseille, le parcours de soins des patients est en pleine transformation. Historiquement, les patients devaient fournir les mêmes informations à chaque consultation, souvent saisies dans plusieurs logiciels. Pour l’IPC, qui a célébré son centenaire en novembre 2025, l’objectif est de fluidifier la circulation des données de santé entre les professionnels, réduisant ainsi le temps consacré aux tâches administratives. Depuis quatre mois, une direction déléguée à la data, à l’analyse et à l’intelligence artificielle (IA) a été mise en place, dirigée par la docteure Laetitia Huiart, ancienne interne de l’établissement.

L’IPC mobilise une cinquantaine de spécialistes autour de la donnée

Cette nouvelle direction dépend directement de la direction générale. Laetitia Huiart coordonne les différents métiers de l’IPC qui produisent, exploitent ou analysent les données de santé. Environ cinquante personnes, sur les 2 300 salariés de l’établissement, sont impliquées dans cette démarche. « Il est important de préciser que l’IPC est avant tout une entreprise dédiée au soin. La plupart des professionnels ne travaillent pas sur la data 99 % de leur temps. En revanche, certaines équipes, comme celles de la direction du numérique ou de la recherche clinique, y sont entièrement dédiées », souligne Laetitia Huiart.

Un entrepôt de données de santé déjà en place

L’Institut Paoli-Calmettes dispose déjà d’un entrepôt de données de santé, permettant d’héberger ses propres données au sein de l’établissement. Cet entrepôt sécurise et encadre les informations issues de la prise en charge des patients. Récemment, l’intégration des données d’anatomopathologie a mobilisé entre cinq et six personnes. La feuille de route de Laetitia Huiart se concentre sur trois enjeux : soigner, piloter et faire avancer la recherche. « Le soin constitue une activité importante, car c’est à partir du soin que se génère la donnée. Mais il y a aussi un enjeu à rendre cette donnée au soin », explique-t-elle. À terme, un système d’information pourrait détecter automatiquement qu’un patient doit bénéficier d’une IRM quinze jours après une consultation, générant cette étape sans intervention manuelle. En 2024, 60 116 examens d’imagerie ont été réalisés à l’IPC.

Des données au service de la recherche sur les cancers prioritaires

Laetitia Huiart souligne que toutes les données ne sont pas simples à exploiter. Certaines informations cliniques complexes, comme le stade précis d’un cancer, restent difficiles à structurer automatiquement et nécessitent un travail de qualification. La stratégie scientifique de l’IPC se concentre sur les cancers du sein, les leucémies et les cancers du pancréas. Actuellement, pour les études, les attachés de recherche clinique doivent consulter les dossiers médicaux un à un, vérifier les critères d’éligibilité des patientes, anonymiser les informations et ressaisir les données nécessaires. Chaque année, l’établissement prend en charge plusieurs dizaines de milliers de patients. En 2024, l’IPC a suivi 46 697 patients, dont 11 023 nouveaux. À Marseille et dans la région PACA, l’IPC vise à faire de la donnée un nouvel outil d’excellence en cancérologie.

Cet article est basé sur des informations de Made in Marseille.

Source
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *