Le temps est venu d’industrialiser le développement logiciel
Aujourd’hui, l’écrasante majorité des innovations produits est pilotée par les logiciels, qui régissent les modes de production, de distribution et d’achat, aussi bien en ligne que dans le domaine physique. Ce constat soulève la question de la traçabilité et de l’efficacité dans le développement logiciel.
Il est fréquent que les constructeurs automobiles informent leurs clients de défauts techniques nécessitant le remplacement de pièces, un processus facilité par des logiciels permettant de suivre précisément quelles pièces ont été installées sur quels modèles. Cependant, cette traçabilité met en lumière une question cruciale : pourquoi est-il encore si difficile d’identifier et de signaler les failles d’un composant logiciel ?
Pour comprendre la spécificité de la production logicielle par rapport à l’industrie manufacturière, il est nécessaire de revenir à la Révolution industrielle, qui a vu l’avènement des usines et des chaînes de montage. À la fin du XXe siècle, l’informatisation a transformé le code en moteur central de la production.
Malgré son rôle fondamental, le développement logiciel reste souvent artisanal. Les équipes, utilisant des outils hétérogènes et affichant des compétences variées, se retrouvent dans un enchevêtrement d’interdépendances inefficaces. Un seul goulot d’étranglement, comme l’absence d’un développeur, peut bloquer un projet entier. Entre 2016 et 2019, une grande banque a subi des retards significatifs lors de sa transformation numérique, ses anciens systèmes nécessitant des cycles de tests de 3 à 4 mois, entraînant une perte de parts de marché.
Le Rapport Global DevSecOps 2024 de GitLab indique que 63% des développeurs utilisent six outils ou plus, soulignant ainsi un besoin urgent de rationalisation des chaînes d’outils. Les conséquences financières de cette désorganisation peuvent être considérables. Par exemple, un constructeur automobile a commercialisé un modèle dont le logiciel n’était pas finalisé, entraînant un rappel coûteux de véhicules pour des mises à jour.
Heureusement, l’intelligence artificielle et les approches DevSecOps commencent à transformer les méthodes de production logicielle. L’objectif n’est pas de remplacer les équipes, mais d’industrialiser leur travail pour améliorer l’efficacité et la fiabilité. En standardisant les outils et les pratiques, il est possible d’éliminer les inefficacités et d’optimiser les workflows.
Cette industrialisation est essentielle pour garantir la pérennité des entreprises. En effet, les entreprises qui n’adoptent pas ces nouvelles méthodes risquent de devenir obsolètes d’ici la fin de la décennie. La transition vers une production logicielle structurée et efficace est donc en cours, avec une automatisation continue et une organisation rigoureuse des processus.
Source : GitLab, Rapport Global DevSecOps 2024.
