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Non, cette archive de l’INA montrant une « machine à fabriquer des nuages » ne prouve pas que le climat est contrôlé

Une centaine de brûleurs et trois tonnes de gasoil. Derrière cette recette se cache le « Météotron », présenté par son créateur en 1961 comme une machine capable de « fabriquer des nuages ». Récemment, une archive vidéo de l’Institut national de l’audiovisuel (INA) présentant ce dispositif a été relayée par des internautes, qui affirment qu’elle prouverait que le climat est « contrôlé par les élites ».

Cependant, bien que les images du Météotron soient authentiques, elles ne constituent pas la preuve d’un contrôle climatique. En effet, ce projet, mené par le physicien français Henri Dessens sur le plateau de Lannemezan dans les Hautes-Pyrénées, visait à créer un nuage artificiel avant d’y injecter des particules pour générer des précipitations. Cette expérience s’est soldée par un échec, comme l’indique Marine de Guglielmo Weber, chercheuse à l’Institut de recherche stratégique de l’école militaire (Irsem).

Le Météotron fait partie d’une série de tentatives de contrôle météorologique qui ont débuté à la fin des années 1940. L’une des méthodes les plus courantes est l’ensemencement des nuages, qui consiste à injecter des particules dans des nuages déjà porteurs d’humidité. Actuellement, plus d’une cinquantaine de pays utilisent cette technique, selon François Massonnet, chercheur en climatologie à l’université catholique de Louvain. Toutefois, son efficacité reste sujette à débat, car il est difficile de déterminer si les précipitations observées résultent de l’ensemencement ou auraient eu lieu naturellement.

Les variations météorologiques rendent également complexe la preuve de l’impact des interventions humaines. Olivier Boucher, directeur de recherche au CNRS, souligne qu’il existe des difficultés à prouver que des précipitations ont été créées par ces techniques. Dans certaines conditions, des études ont montré qu’il était possible d’« augmenter des précipitations déjà existantes », selon François-Marie Bréon, directeur adjoint au Laboratoire des Sciences du Climat et de l’Environnement.

Les expériences comme celles du Météotron n’ont pour objectif que de contrôler la météo à court terme, et non le climat, qui se définit par des tendances sur plusieurs décennies. Fabienne Trolard, directrice de recherches à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE), précise que l’impact des techniques de modification météorologique est localisé et limité.

Il n’existe pas de preuve tangible d’un contrôle du climat à grande échelle. Néanmoins, des recherches sur des techniques de géo-ingénierie, visant à influencer le climat à grande échelle, se développent. Des projets incluent l’éclaircissement des nuages et l’injection d’aérosols dans la stratosphère pour réduire la température moyenne de la planète. Ces idées, bien qu’en cours d’expérimentation, soulèvent des préoccupations quant à leurs effets environnementaux et géopolitiques.

Un rapport de l’Académie des sciences, publié en octobre 2025, alerte sur le fait que ces approches ne constituent pas une alternative à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, mettant en avant les incertitudes scientifiques et les impacts potentiels, dont certains pourraient être irréversibles.

Source : INA, CNRS, INRAE.

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