L’Île-de-France concentre 42 % des retards de loyer
L’Île-de-France est devenue le principal foyer des retards de paiement des loyers en France, représentant 42 % des incidents de paiement, selon la sixième édition du baromètre Monsieur Hugo, réalisée sur un échantillon de 1 209 loyers en mai 2026. Ce chiffre marque un retournement géographique significatif, alors que la région a connu une concentration inédite des retards, dépassant le Grand Est, qui dominait le classement depuis plusieurs mois.
Le loyer moyen des incidents a franchi la barre des 800 euros, atteignant 807 euros, soit une augmentation de 85 euros en un mois. Ce montant s’aligne avec la moyenne nationale de 818 euros, indiquant un changement de profil des locataires en difficulté, qui ne sont plus uniquement des ménages modestes en région, mais incluent désormais des locataires franciliens.
Le taux de retard global est resté stable à 2,6 % en mai, légèrement en dessous des 2,7 % d’avril. Toutefois, la géographie des retards a connu un bouleversement notable. En décembre 2025, l’Île-de-France représentait 27,3 % des incidents, un chiffre qui a chuté à 11,8 % en février, avant de remonter à 41,9 % en mai. Les Hauts-de-France, pour leur part, font leur entrée dans le top 3 avec 9,7 % des incidents.
Cette évolution s’inscrit dans un contexte plus large. Une étude de l’INSEE et de l’Observatoire des loyers de l’agglomération parisienne révèle que la moitié des locataires parisiens du parc privé consacrent plus de 34 % de leurs revenus au loyer. À Paris, les petites surfaces représentent près de deux logements sur trois, tandis que l’offre locative en Île-de-France a diminué de 6,8 % en un an.
Le profil des locataires en difficulté a également changé. En mai 2026, les deux-pièces représentent 32,3 % des retards, une hausse significative par rapport à 18,8 % en avril. Ce changement est lié à la pression du marché locatif, où les jeunes actifs et les travailleurs précaires sont particulièrement affectés par la hausse des loyers.
Le contexte national se durcit avec un record de 30 500 ménages expulsés en 2025, soit une augmentation de 27 % par rapport à l’année précédente. Des réformes récentes, comme le décret du 12 février 2026, ont aussi redéfini les seuils d’impayés pour les locataires bénéficiant d’aides au logement, rendant la détection précoce des impayés encore plus cruciale.
Source : Baromètre Monsieur Hugo, INSEE, Observatoire des loyers de l’agglomération parisienne.
