Enceinte de son troisième enfant, elle se fait licencier et attaque son employeur en justice
Le 18 novembre 2022, Tatiana annonce sa grossesse au président de l’entreprise qu’elle vient d’intégrer. Le dirigeant se montre rassurant et lui promet que des solutions seront trouvées. Cinq jours plus tard, elle est convoquée dans le même bureau. Un document l’attend sur la table : la rupture de sa période d’essai. Près de quatre ans après les faits, cette mère a décidé de porter l’affaire devant la justice.
Tatiana, approchée par un chasseur de têtes en juillet 2022, ne prévoyait pas de changer de travail. Responsable administrative et financière dans une entreprise de location de matériel, elle se voit offrir un poste similaire en CDI dans une société événementielle en pleine croissance. Séduite par cette création de poste, elle passe quatre entretiens, reçoit une proposition détaillée et démissionne. En septembre, avant son entrée dans l’entreprise, elle découvre qu’elle est enceinte.
Elle prend ses fonctions le 16 novembre, participe aux réunions et achète son ordinateur professionnel. Deux jours plus tard, elle informe le président de sa grossesse. Selon son récit, celui-ci affirme que l’entreprise va s’adapter. Cependant, le 23 novembre, le dirigeant lui reproche de ne pas posséder certaines compétences, notamment dans les relations avec les banques. À 12 h 05, elle quitte définitivement les locaux.
Un employeur peut mettre fin à une période d’essai, mais sa décision ne peut pas reposer sur un motif discriminatoire, tel que la grossesse. L’avocate de Tatiana, Me Julie Sandor, s’appuie sur un arrêt de la Cour de cassation du 25 mars 2026. Elle souligne que lorsque l’employeur connaît la grossesse, il doit démontrer que la rupture repose sur des considérations professionnelles.
La chronologie soulève des interrogations. Tatiana avait été démarchée, sélectionnée après quatre entretiens et recrutée pour créer son poste. Aucun jugement n’a toutefois encore établi que sa grossesse était à l’origine de la décision.
Sans emploi pendant sa grossesse et son congé maternité, Tatiana traverse ensuite une période de chômage avant de retrouver son ancien poste en 2023. En 2026, soutenue par le Défenseur des droits, elle saisit le conseil de prud’hommes. Une audience de conciliation est prévue en novembre. Tatiana déclare : « Ce n’est pas une question d’argent. Je veux que les choses changent pour les autres femmes. » Elle est déterminée à mener ce combat jusqu’au bout, avec l’objectif d’obtenir une jurisprudence.
Source : Parents.fr
