Libye : Quinze ans après la révolution de 2011, l’unification improbable du pays
Publié le : 21/08/2026 – 06:44
Quinze ans après la chute du régime de Mouammar Kadhafi, le 20 août 2011, la Libye demeure en proie à une instabilité chronique et à une division persistante. Le pays est partagé entre deux gouvernements rivaux qui cherchent à maintenir leur pouvoir, tandis que les institutions restent profondément fragmentées. Les Libyens, qui avaient espéré une transition vers plus de liberté et de prospérité, constatent avec amertume la réalité actuelle.
Ce quinzième anniversaire est marqué par une recrudescence de violences à travers le pays. À Benghazi, le général al-Mansouri, responsable des services de renseignement du maréchal Khalifa Haftar, a été assassiné. Parallèlement, des frappes de drones ont frappé des installations énergétiques essentielles à Zawiya, à l’ouest du pays. Ces événements soulignent l’ampleur de la crise et mettent en lumière l’incapacité des deux factions à trouver un terrain d’entente.
Les élections générales prévues pour la fin de l’année 2023 n’ont pas eu lieu, et la transition politique a échoué. Les forces qui ont émergé de cette impasse ont progressivement établi des intérêts qui rendent le statu quo attrayant pour elles. Ainsi, les administrations, réseaux économiques, appareils sécuritaires et élites locales se sont solidement ancrés dans cette situation, rendant l’unification de l’État de plus en plus complexe.
Les partis politiques, autrefois en plein essor après la chute de Kadhafi, sont aujourd’hui marginalisés et peinent à mettre en œuvre les réformes nécessaires pour sortir le pays du chaos. Saïf al-Islam Kadhafi, qui représentait un espoir de changement pour certains Libyens, a été tué, et les résultats de l’enquête sur sa mort n’ont pas été révélés. De nombreux responsables qualifiés évitent désormais de s’engager dans une vie politique devenue toxique.
L’économie libyenne, fortement dépendante du pétrole, illustre également cette division. La production pétrolière est principalement concentrée dans les zones contrôlées par le camp de Haftar, tandis que les revenus sont gérés par des institutions basées à Tripoli. Cette interdépendance financière permet aux deux camps de partager les revenus pétroliers sans nécessité d’unification de l’État, consolidant ainsi la division politique et institutionnelle du pays.
Source : RFI



