Contre 3 heures d’écrans : le constat alarmant des libraires sur les adolescents
Un tiers des 16-19 ans ne lisent plus du tout, ceux qui lisent encore reconnaissent pratiquer d’autres activités en même temps. La dernière étude du Centre national du livre révèle un nombre de jeunes lecteurs en chute libre. Et un temps d’écran en hausse continue. [Publié initialement le 8 juin 2026]
Dans le cadre des 8èmes rencontres nationales de la librairie en juin dernier, 1200 professionnels réunis à Rennes ont échangé sur les enjeux et l’avenir de leurs métiers. Ces libraires et éditeurs observent avec attention les nouvelles habitudes des lecteurs, notamment la place de la lecture chez les jeunes générations, un sujet qui suscite de vives inquiétudes.
Il est constaté que le temps consacré aux livres diminue. Cette tendance est particulièrement marquée à partir de l’adolescence. Une étude du Centre national du livre révèle que parmi les 1500 jeunes interrogés âgés de 7 à 19 ans, un tiers des 16-19 ans déclare ne pas lire du tout. Parmi ceux qui lisent, 67 % affirment faire d’autres activités en même temps, rendant difficile la concentration sur la lecture.
Les écrans jouent un rôle prépondérant dans cette dynamique. Les jeunes passent dix fois plus de temps sur les écrans que sur la lecture de livres, préférant regarder des vidéos courtes ou passer du temps sur les réseaux sociaux.
Amélie Raud, libraire indépendante spécialisée dans la littérature jeunesse à Rennes, souligne un « phénomène qui ne fait que grandir chaque année ». Elle estime qu’il est crucial d’attirer les jeunes vers la lecture dès leur plus jeune âge, en leur proposant divers types de livres. Selon elle, « les histoires lues aux enfants donnent le goût de la lecture ».
Malgré cela, 76 % des jeunes de 13 à 15 ans continuent de lire, principalement des bandes dessinées, des mangas et des romans. Cependant, le nombre de passionnés de lecture est en déclin. Amélie Raud préconise de remettre la lecture au cœur des enseignements scolaires afin de la transformer en loisir prisé.
L’étude du Centre national du livre révèle également que 18 % des jeunes interrogés affirment que leurs parents ne lisent pas du tout. Régine Hatchondo, présidente du Centre national du livre, considère que la lecture est un enjeu de santé publique, ayant des conséquences sur la santé physique et mentale, le développement du cerveau, le sommeil, la concentration et la mémoire.
Amélie Raud renchérit en affirmant que « la lecture permet de développer le cerveau et de le maintenir en bonne forme au quotidien ».
Source : Centre national du livre

