Au Gabon, l'iboga, une opportunité dans la lutte contre la dépendance aux opiacés - Afrique économie

Au Gabon, l’iboga, une opportunité dans la lutte contre la dépendance aux opiacés

Le Gabon cherche à tirer parti d’un regain d’intérêt international pour l’iboga, dans le contexte de la lutte contre la dépendance aux opiacés, particulièrement aux États-Unis. Les autorités gabonaises ont récemment renforcé le cadre légal régissant l’exploitation de cet arbuste endémique, qui est également lié aux rites traditionnels. Les acteurs locaux espèrent établir une véritable filière pour contrer le marché noir.

Ulysse Bekale, aménagiste au village Grand Bolokoboué, près du Cap Esterias, participe à un projet de développement agricole de l’ONG Initiative-développement-recherche-conseil (IDRC Africa), qui inclut l’iboga, ainsi que le maraîchage et l’élevage avicole. Il souligne l’importance de protéger ce patrimoine et déplore l’exploitation de l’iboga par des étrangers, qui ne profite pas au Gabon. Il propose d’étendre les plantations d’iboga sur cinq hectares.

La transformation de l’iboga est déjà en cours, selon Yoan Mboussou, un médecin qui développe des produits dérivés tels que des gélules d’écorce râpée, des chocolats et des liqueurs à base d’iboga, appelés Mayay. Il met en avant le potentiel économique des plantes traditionnelles du Gabon et appelle à la création de centres sécurisés pour expérimenter la prise d’iboga.

Fin mai, le gouvernement gabonais a pris un décret encadrant l’accès, l’utilisation, l’exploitation, la recherche, la transformation et la commercialisation de l’iboga et de ses dérivés. Yoan Mboussou se réjouit de cette initiative et appelle à un soutien accru pour les agriculteurs et les transformateurs, ainsi qu’à l’établissement d’une politique de marketing autour de l’iboga.

Aux États-Unis, l’administration Trump a encouragé des recherches sur l’iboga pour traiter les dépendances aux opiacés et les syndromes post-traumatiques. Bien que l’iboga soit un psychotrope puissant, il est considéré comme stupéfiant et interdit dans plusieurs pays, y compris en France.

Source : RFI.

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