L’IA « ne fait que redistribuer » la charge de travail, selon une étude
L’intelligence artificielle générative, qui promettait d’alléger la charge de travail, semble en réalité transférer cette charge vers de nouvelles tâches, notamment la supervision et la correction des résultats générés par la machine. C’est ce que révèle le rapport d’Adaptavist, qui évoque une « taxe de vérification ». Cette étude a été réalisée auprès de 2 500 travailleurs du savoir dans cinq pays : États-Unis, Canada, Allemagne, Royaume-Uni et Espagne. Selon Adaptavist, « les résultats le montrent : loin d’alléger la charge de travail, l’IA ne ferait bien souvent que la redistribuer ».
Le rapport souligne qu’une part significative des employés, soit 42 %, déclare passer plus de temps à vérifier les productions de l’IA qu’à les utiliser. En outre, plus de la moitié des répondants (55 %) estiment que les contenus générés par l’IA nuisent à l’efficacité globale de leur équipe. Parallèlement, 52 % affirment qu’ils doivent régulièrement corriger le travail produit par l’IA de leurs collègues. Près d’un salarié sur deux (49 %) juge que la qualité médiocre de certains résultats ralentit les projets, indiquant ainsi l’existence d’une couche de travail additionnelle liée à la révision et à la correction.
Cette situation engendre également une pression psychologique, avec 50 % des participants à l’enquête estimant que leur performance est mesurée en fonction des productions de l’IA. Adaptavist note que cette dynamique crée une pression à égaler la vitesse et le volume de la machine, même si la qualité, la nuance et le jugement sont souvent plus déterminants. En conséquence, 25 % des travailleurs déclarent recourir à l’IA pour gérer leur charge de travail et 23 % pour rester au niveau de leurs collègues.
L’impact de l’IA sur la relation au travail est également préoccupant, 46 % des sondés déclarant que leurs tâches sont devenues plus répétitives et moins significatives depuis son introduction. Adaptavist souligne un paradoxe : la technologie censée libérer du temps pour des activités à haute valeur ajoutée semble en fait réduire la substance de certaines tâches.
Au-delà des préoccupations quotidiennes, une inquiétude à plus long terme émerge. Plus de la moitié des travailleurs de la connaissance (54 %) craignent que l’intelligence artificielle rende leur rôle superflu d’ici cinq ans. Étonnamment, ce ne sont pas les employés les plus jeunes qui expriment le plus d’inquiétudes, mais les cadres supérieurs, 29 % d’entre eux se déclarant « très » préoccupés par la réduction de la nécessité de leur poste.
Source : Adaptavist.

