La plus populaire des IA musicales a été entraînée sur des millions de titres volés, quelle surprise !

Un piratage récent a révélé que Suno, une plateforme d’intelligence artificielle musicale, a aspiré des millions de titres sur YouTube, Deezer et Genius pour entraîner son modèle. Ce développement survient à l’approche d’un verdict crucial en Allemagne.

Les IA génératrices de musique, semblables aux modèles de langage, dépendent massivement des données. Suno est actuellement confrontée depuis 2024 à des poursuites émanant de grandes maisons de disques, qui l’accusent de s’être approprié leurs catalogues. L’entreprise se défend en invoquant le principe du fair use, une notion du droit américain qui permet certains usages d’œuvres protégées. Cependant, le piratage a mis à jour des détails compromettants concernant l’ampleur de l’aspiration de données.

Une collecte méthodique de musique

Le code exfiltré, daté de 2023 et 2024, présente un inventaire détaillé des bibliothèques d’entraînement. Une bibliothèque nommée « youtube_music » compte plus de deux millions d’extraits, représentant des dizaines de milliers d’heures de musique. D’autres sources incluent Deezer, Genius, ainsi que des banques sonores comme Pond5 et Jamendo, et environ 420 000 podcasts, totalisant près d’un million d’heures d’audio. Cela indique une collecte organisée plutôt qu’aléatoire.

Pour contourner les protections anti-aspiration de YouTube, le code utilisait des serveurs relais commerciaux, permettant ainsi de changer d’adresse constamment. Des routines étaient même mises en place pour cibler spécifiquement les versions a cappella des morceaux. Suno a déjà admis s’être entraînée sur « pratiquement tous les fichiers musicaux de qualité correcte » accessibles publiquement.

Un verdict attendu le 31 juillet

Le jugement très anticipé de Munich, prévu pour le 31 juillet, opposera Suno à GEMA, la société allemande de gestion des droits. Ce tribunal a précédemment condamné OpenAI pour l’utilisation de paroles de chansons. Une décision en faveur de GEMA pourrait établir un précédent en Europe, confirmant que l’entraînement d’une IA musicale nécessite une licence.

De plus, contourner une protection technique est illégal aux États-Unis, indépendamment du débat sur le fair use. Le procès américain de Suno a été reporté à avril 2027. En toile de fond, le marché français de la musique numérique, qui représente 1,03 milliard d’euros et compte 17,7 millions d’abonnés au streaming, observe cette affaire de près. Le piratage a également exposé des données clients, dont des adresses e-mail et des numéros de téléphone, issues d’une intrusion survenue en novembre 2025.

Le directeur de Suno, Mikey Shulman, a récemment affirmé que la plupart des gens n’apprécient pas vraiment le processus de création musicale. Quelle que soit la décision du tribunal de Munich, celle-ci aura des répercussions sur toutes les IA génératives ayant utilisé des fichiers protégés.

Source : 404 Media

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