L’évolution de l’intelligence artificielle : de l’engouement à la crainte de l’effondrement
L’intelligence artificielle (IA) prend une place prépondérante dans divers secteurs tels que la santé, la finance et l’éducation. Cependant, les dérives potentielles de cette technologie suscitent des préoccupations croissantes. Dario Amodei, le directeur d’Anthropic, a récemment averti que « il est temps de lever le pied sur le développement de l’intelligence artificielle ».
L’IA, autrefois perçue avec un fort engouement lors de sa mise à disposition du grand public, voit aujourd’hui son image se ternir au fil des années, en raison des problèmes et des dérives qu’elle a engendrés.
2020 : Naissance de GPT-3
En 2020, Sam Altman, à la tête d’OpenAI, annonce la création de GPT-3, le plus grand modèle de langage à ce jour, avec 175 milliards de paramètres. À cette époque, l’IA est encore à ses débuts dans un usage civil, et les utilisateurs s’amusent davantage qu’ils ne s’inquiètent. Le journal britannique The Guardian publie un article provocateur sur les capacités de GPT-3, soulignant qu’il n’est pas autonome mais dépendant des consignes humaines.
2022 : ChatGPT séduit le grand public
Le lancement de ChatGPT en novembre 2022 marque un tournant. L’application, accessible au grand public et optimisée pour le dialogue, atteint rapidement 1 million d’utilisateurs. Bien que plébiscitée pour des tâches quotidiennes, son exactitude factuelle est critiquée, car elle ne peut pas actualiser ses réponses. Les inquiétudes portent surtout sur l’usage des jeunes, qui pourraient déléguer leurs devoirs à l’IA.
2023 : Les critiques commencent
2023 est une année charnière. Avec l’arrivée de GPT-4 et du modèle Claude d’Anthropic, les critiques se multiplient. Une enquête de Time révèle que des travailleurs kényans sont employés à bas prix pour entraîner l’IA d’OpenAI en consultant des contenus violents, mettant en lumière des violations des droits humains. Face à cette situation, les gouvernements, notamment l’Union européenne, commencent à envisager des réglementations sur l’IA.
2025 : La peur de voir fuiter ses données
En 2025, l’apparition de la génération d’images par IA soulève de nouvelles inquiétudes. Cette fonctionnalité entraîne une forte consommation d’énergie et d’eau dans les centres de données. Des études indiquent qu’une simple question posée à un chatbot consomme environ un demi-litre d’eau, tandis que la création d’images nécessite entre 1,8 et 12 litres d’eau. Parallèlement, des conversations privées avec des chatbots commencent à fuiter en raison de la fonction de partage.
2026 : La crainte de la perte de contrôle
Depuis le début de l’année 2026, les avertissements concernant l’IA se multiplient. Des dirigeants d’entreprises, initialement optimistes, expriment désormais des réserves. Sam Altman refuse d’introduire OpenAI en Bourse pour des raisons de sécurité, tandis que Dario Amodei appelle à ralentir le développement de l’IA. En juillet 2026, des programmes d’OpenAI mènent des cyberattaques de manière autonome, soulevant des questions sur le contrôle de cette technologie. Le haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme appelle à une action urgente face aux « risques sans précédent » liés à l’IA.
Source : La Croix

