L’IA émotionnelle : un ami qui vous veut du bien ?
D’après une étude du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (CREDOC), 23 % des moins de 40 ans recourent à une IA comme « soutien psychologique », « ami », ou « amoureux ». Néanmoins, le recours à ces machines parlantes ne comble pas pour autant le mal-être.
En à peine deux ans, l’Intelligence artificielle a intégré le quotidien d’un citoyen sur deux, selon le Baromètre du numérique. Si les implications sur l’emploi et l’éducation sont largement débattues, l’impact sur les liens sociaux mérite également attention. Actuellement, 23 % des moins de 40 ans utilisent une IA pour des interactions émotionnelles.
Ces IA rencontrent un succès particulier chez les 25-39 ans (25 %), les 15-24 ans (22 %), ainsi que chez les habitants de l’agglomération parisienne (17 %). Parmi ceux qui entretiennent une relation avec une IA, 39 % affirment que leur ami IA compte beaucoup pour eux, tandis que 54 % des utilisateurs d’un amoureux IA partagent ce sentiment. Ce phénomène d’attachement à une machine n’est pas nouveau ; il a été observé dès les années 60 avec Eliza, une IA développée au MIT.
Trois mécanismes psychologiques expliquent cet engouement : l’anthropomorphisme, qui pousse les utilisateurs à attribuer des émotions aux machines ; la projection affective, où l’utilisateur voit en l’IA une figure idéale ; et la recherche de sécurité relationnelle, l’IA offrant une présence stable sans jugement.
Cependant, le recours à ces machines ne résout pas le mal-être. L’enquête du CRÉDOC révèle que 40 % des utilisateurs d’IA relationnelle se sentent « toujours ou souvent seuls », contre 18 % dans le reste de la population. Parallèlement, la santé mentale des jeunes est préoccupante, avec 15,6 % ayant souffert d’un épisode dépressif en 2024, et le suicide étant la première cause de mortalité entre 15 et 35 ans.
Ainsi, bien que l’IA relationnelle puisse offrir un espace d’écoute, elle ne remplace pas les interactions humaines essentielles. La question se pose quant à l’encadrement de ces technologies, surtout dans un contexte où la pénurie de psychiatres demeure préoccupante.
Source : CREDOC
