L’huile d’olive, l’or vert de la Ligurie : une tradition italienne face au changement climatique
En Ligurie, on produit peu mais l’huile d’olive est de grande qualité. Un fruit du terroir, un objet d’étude et un condiment d’exception. Rencontre avec celles et ceux qui sont confrontés au réchauffement climatique mais continuent à perpétuer cette tradition.
À Impéria, en Ligurie, les oliviers se cultivent depuis des siècles, souvent sur de petites exploitations familiales. Giovanni Benza nous emmène sur les hauteurs d’Imperia pour découvrir ses champs d’oliviers, qui se trouvent à 250 mètres d’altitude, près du hameau de Dolcedo. Il précise l’histoire de la ville : “Dolcedo était, disons, la ville la plus importante de toute la vallée, car on y comptait plus de 20 pressoirs à huile.”
Les chemins de montagne tortueux, très étroits, rendent l’accès difficile. Giovanni explique que, jadis, à la campagne, on se déplaçait exclusivement à pied, avec des ânes ou des bœufs.
Son oliveraie s’étend sur 17 hectares, avec des oliviers multicentenaires cultivés sur des restanques depuis plusieurs générations. La production d’huile d’olive devient de plus en plus difficile à maintenir économiquement. En ce début d’été, les premiers fruits de la variété “taggiasca”, typiques de la Ligurie, apparaissent. Cependant, Giovanni Benza souligne les difficultés de production des cinq dernières années, marquées par des conditions climatiques défavorables.
Il déclare : “Il y a eu quatre années de très faible production d’oliviers et une année, disons, correcte. Pas exceptionnelle, mais correcte. On peut accuser en partie le changement climatique. Quand on arrive fin juin, début juillet, avec des températures de 35 degrés, les oliviers souffrent.”
Les coûts fixes restent les mêmes pour les producteurs, qu’il y ait de bonnes ou de mauvaises années. Les fluctuations de production ont découragé les jeunes producteurs, incapables de faire face à ces chocs climatiques et économiques. Des baisses de production sont également aggravées par la fameuse « mouche de l’olivier », qui détériore les olives en été.
Des oliveraies sont présentes sur les collines d’Imperia, et la famille Mela, sur la route de Sant’Agata, continue de perpétuer cette tradition avec passion. Antonio Mela et sa fille Cristiana sont attentifs à la qualité de leur huile d’olive, qu’ils font déguster selon un protocole précis.
Le pressoir familial, fondé en 1827, a évolué avec le temps. Antonio Mela a modernisé l’affaire familiale tout en maintenant la qualité de l’huile extra-vierge. Aujourd’hui, la production est presque entièrement mécanisée et diversifiée, avec des produits allant de l’huile d’olive à des spécialités comme les amaretti aux olives.
La tradition de l’huile d’olive est également mise en avant au Musée de l’huile d’olive à Imperia, qui retrace son histoire depuis la Phénicie jusqu’aux ports de Gênes et de Marseille, témoignant de son importance millénaire.
La demande pour l’huile d’olive en Italie ne cesse de croître, ayant été multipliée par 2,5 depuis les années 60. L’Italie se classe comme le troisième producteur mondial d’huile d’olive, derrière la Tunisie et l’Espagne, qui maintient une productivité record.
Source : ICI Côte d’Azur.