L'extrême droite violente se développe en Bretagne - Reportage France

L’extrême droite violente se développe en Bretagne

Lundi 29 juin, à Brest, douze personnes seront jugées pour l’attaque d’un bar, un acte attribué à des groupes d’extrême droite. La Bretagne, traditionnellement perçue comme un bastion du vote modéré, voit une montée des violences racistes, antisémites et islamophobes. Ces agressions sont de plus en plus fréquentes, notamment à Brest, où des incidents récents soulignent cette tendance inquiétante.

En août dernier, le compagnon d’un député de La France insoumise a été agressé. Des inscriptions nationalistes apparaissent sur les murs de la ville. Les agressions prennent parfois la forme d’expéditions punitives, comme celle survenue au Café de la Plage, un établissement réputé pour son ambiance de gauche.

Ce soir-là, Erwan, un témoin, se trouvait à proximité. « On allait juste partir pour aller boire un verre ailleurs », explique-t-il. Soudain, une vingtaine de personnes cagoulées ont fait irruption. « Un premier groupe a gazé la terrasse, puis ils se sont rués sur les clients et ont commencé à les frapper. Sur les vidéos, on voit des gens avec des battes de baseball et des barres en métal. Rapidement, les clients du bar se sont regroupés pour les repousser. Plusieurs personnes ont été blessées, certaines avec des contusions au visage. Cela illustre bien la montée de l’extrême droite en France. »

Le contexte politique en Bretagne est préoccupant. Lors des législatives de 2024, le vote pour le Rassemblement national a augmenté de 10 % dans les quatre départements bretons. Olivier Cuzon, vice-président de la Ligue des droits de l’homme de Brest, souligne que « la face institutionnelle du Rassemblement national confère une forme d’immunité à ces groupes, leur permettant d’agresser des personnes racisées ou des membres de la communauté LGBT. »

Des groupes d’extrême droite violents ont été identifiés dans plusieurs villes bretonnes. À Rennes, cette violence est particulièrement présente autour de la faculté. À Lorient, des groupes se sont organisés en milices, prétendant aider les forces de police à rétablir l’ordre.

Les partis de gauche et les syndicats ne sont pas épargnés. Des syndicalistes de Solidaires 29 rapportent des menaces croissantes, avec des locaux tagués et des manifestations perturbées. « Une attaque comme celle du Café de la Plage est assez spectaculaire et, pour moi, c’est un peu terroriste. Ils ne nous empêcheront pas de militer et de défendre nos valeurs », déclare l’une des syndicalistes.

Devant le Café de la Plage, la terrasse a été réparée, mais l’enquête n’a pas encore donné de résultats. Les actions d’extrême droite continuent, avec des inscriptions nationalistes récemment découvertes sur les murs d’un lycée de la ville.

Source : RFI

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