L’extrême droite italienne s’implante sur la Côte d’Azur avec des idées de remigration.

Remigration, tolérance zéro, traditions romaines et chrétiennes… Comment l’extrême droite italienne s’est implantée dans cette ville de la Côte d’Azur et rêve de se développer dans les Alpes-Maritimes

Futuro Nazionale s’implante à Roquebrune-Cap-Martin : l’extrême droite italienne en expansion sur la Côte d’Azur

Samedi dernier, une vingtaine d’Italiens se sont réunis à Roquebrune-Cap-Martin pour lancer le premier comité français de Futuro Nazionale, le parti fondé en février 2026 par le général Roberto Vannacci. Soutenue par les comités de Vintimille, Bordighera et Camporosso, cette nouvelle structure vise à représenter les idées du mouvement sur la Côte d’Azur.

Roberto Vannacci s’est fait connaître en 2023 avec le livre Il mondo al contrario (Le monde à l’envers), publié alors qu’il était général de l’armée italienne. Dans cet ouvrage, il défend des positions très conservatrices sur l’immigration, les minorités, l’homosexualité et le féminisme. Le succès de son livre lui vaut une suspension de onze mois de l’armée, et il quitte définitivement son poste en 2025.

Entre-temps, Matteo Salvini lui propose de se présenter aux élections européennes de 2024 sur les listes de la Lega. Avec plus de 555 000 préférences, il devient l’un des candidats les mieux élus d’Italie. Après des tensions avec la direction de la Lega, il fonde son propre parti en février 2026.

Une ligne très conservatrice

Futuro Nazionale défend la famille fondée sur l’union entre un homme et une femme et prône une identité culturelle inspirée des traditions romaine et chrétienne. Le parti réclame une politique de remigration, rejette le ius soli et le ius scholae, et souhaite durcir les conditions d’accès à la nationalité. Il propose également une politique de « tolérance zéro » en matière de sécurité, davantage de places de prison et un abaissement de l’âge de responsabilité pénale pour certains crimes graves.

Sur les questions de société, il s’oppose aux unions civiles et à l’adoption par les couples homosexuels, affirmant que l’avortement ne constitue pas un droit. En politique étrangère, il demande l’arrêt des livraisons d’armes à l’Ukraine et souhaite rouvrir le dialogue avec la Russie.

Une dynamique locale et transfrontalière

À Roquebrune, Jean-Pierre Parietti est chargé de structurer le comité. Professionnel de la propriété intellectuelle à Monaco, il présente cette initiative comme un engagement citoyen. Selon lui, le choix de la Côte d’Azur répond à une réalité locale, avec de nombreux Italiens dans la région, certains ayant le droit de vote en France et en Italie. Il insiste sur son absence d’ambition politique personnelle, se voyant comme un service rendu pour donner une voix aux Italiens de la région.

Guillaume Contesse, conseiller municipal à Roquebrune-Cap-Martin et responsable des Alpes-Maritimes de L’Avenir français, a également assisté à cette réunion. Il souligne l’importance des relations transfrontalières, affirmant qu’il existe une véritable communauté de destin entre les deux côtés de la frontière.

Conclusion

La création de ce comité marque une étape dans l’implantation de l’extrême droite italienne sur la Côte d’Azur, renforçant les liens entre les communautés italiennes et françaises et suscitant des interrogations sur l’évolution politique de cette région.

Source : Nice-Matin

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