De Nétanyahou à Meloni : la « Spartemania » s’empare de l’extrême droite
Des figures politiques comme Benjamin Nétanyahou et Giorgia Meloni semblent s’inscrire dans une tendance croissante au sein de l’extrême droite qui puise son inspiration dans l’histoire de Sparte. Luciano Canfora, spécialiste de l’Antiquité, critique cette appropriation en qualifiant ses acteurs de « des ignares ». Selon lui, cette fascination pour le « modèle spartiate » révèle à la fois une méconnaissance historique et une posture culturelle peu éclairée.
Cette tendance se manifeste par des références fréquentes aux phalanges spartiates et aux batailles épiques, souvent déformées par des interprétations modernes, notamment celles véhiculées par des productions audiovisuelles contemporaines. Canfora souligne que cette épidémie d’intérêt pour Sparte remonte au Ve siècle avant J.-C., époque à laquelle la cité-État a connu son apogée.
« Sparte, ce modèle à la carte »
L’engouement pour l’“idée spartiate” se traduit par la publication de brochures par des maisons d’édition et l’affichage de posters du roi Léonidas, héros de la bataille des Thermopyles, lors d’événements politiques comme la convention Atreju, à laquelle participent des figures de la droite italienne.
Loin de constituer un simple phénomène culturel, cette fascination pour Sparte semble également refléter des aspirations politiques contemporaines, intégrant des éléments de nationalisme et de militarisme. Toutefois, les critiques, tels que Canfora, soulignent les risques de déformation historique et d’instrumentalisation qui en découlent.
Source : Courrier International.