Amérique latine : pourquoi l’extrême droite progresse ?
La tendance à la montée de l’extrême droite en Amérique latine s’est intensifiée au cours des cinq dernières années, marquée par l’élection de Jair Bolsonaro au Brésil en 2018, un personnage aux idées nostalgique de la dictature militaire. Depuis lors, ce phénomène s’est généralisé à travers la région, avec une transformation notable de la vague progressiste des années 2000 en une vague conservatrice qui touche actuellement 11 des 19 États.
Au Chili, José Antonio Kast, admirateur d’Augusto Pinochet, dirige le pays depuis mars 2026, après avoir été élu en 2023. De son côté, Javier Milei, un libertarien néolibéral, a été élu en 2023 et a réussi à conserver son pouvoir en remportant les élections législatives de 2026, symbolisant une réduction drastique des dépenses publiques avec sa célèbre tronçonneuse.
En Colombie, l’élection d’Abelardo de la Espriella, un avocat fortuné, à la présidence fin juin 2026, avec 49,65 % des voix, marque également un tournant. Ce dernier prendra ses fonctions le 7 août, mettant un terme à l’ère de gauche incarnée par son prédécesseur, Gustavo Petro.
Christophe Ventura, directeur de recherche à l’Institut de relations internationales et stratégiques, souligne que « nous assistons à une large déferlante de la droite radicale en Amérique latine, une région pourtant considérée hier comme un laboratoire de la gauche. » Cette dynamique est caractérisée par un agenda néolibéral, une approche sécuritaire, un désir de revanche sur la gauche et un alignement avec Washington, avec des leaders souvent issus de droites conservatrices et catholiques qui se sont radicalisés.
Cette évolution politique soulève des questions sur l’avenir des dynamiques sociales et économiques dans la région, et sur l’impact des politiques néolibérales sur les populations.
Source : La Vie


