Commentaire d’actualité10 Juin 2026
François ECALLE
L’externalisation des services publics, qui consiste à transférer certaines fonctions à des organismes tiers, a pris de l’ampleur en 2025. En France, le montant total des achats publics s’élevait à 262 milliards d’euros, représentant 8,8 % du PIB. Ce chiffre inclut les dépenses des administrations publiques, tandis que l’observatoire économique de la commande publique a recensé 223 000 marchés pour un montant de 233 milliards d’euros en 2024.
En ce qui concerne le taux d’externalisation, défini comme le rapport entre les dépenses de fonctionnement et d’investissement des administrations publiques, la France affichait un taux de 39 % en 2025. Seules la Belgique et Chypre avaient des taux inférieurs. Les administrations publiques locales avaient un taux d’externalisation de 57 %, alors que celui des administrations centrales était de 28 %.
Cette tendance à l’externalisation soulève des questions sur son efficacité. Bien que l’externalisation puisse permettre une plus grande flexibilité et innovation, elle est souvent plus coûteuse que la production de services en interne, en raison du coût du capital plus élevé pour les entreprises privées. Jean Tirole, économiste, note que l’objectif principal de la commande publique doit être de répondre à un besoin identifié avec la meilleure performance en termes de coût et de services.
Les résultats de l’externalisation dépendent donc fortement du processus de mise en concurrence et de la capacité des administrations à définir clairement leurs besoins. Des études montrent que l’efficacité des achats publics reste insuffisante, en raison de critères de choix parfois trop variés et d’une mise en concurrence imparfaite.
En conclusion, l’externalisation des services publics en France en 2025 représente un enjeu complexe, nécessitant une analyse minutieuse des avantages et inconvénients au cas par cas.
Source : Observatoire économique de la commande publique, FIPECO.