À Arles, l’amazone sous toutes les coutures au cœur d'une expo inédite

À Arles, l’amazone sous toutes les coutures au cœur d’une expo inédite

Guerrière de la mythologie grecque, cavalière de cour sous Louis XIV, pionnière sportive du XIXe siècle, icône de défilé au XXIe… L’amazone a traversé les époques sans jamais mettre le pied à terre. Un an après son ouverture, le musée de la Mode et du Costume d’Arles explore cette figure rarement mise en lumière, grâce à la collaboration de plus de 36 prêteurs institutionnels et privés, du musée d’Orsay au château de Chantilly, en passant par la maison Hermès.

Un travail sur les sources qui bat les clichés en brèche

L’histoire de l’amazone est d’abord un malentendu. Dès l’Antiquité, les mythes lui prêtent le geste radical de s’être coupé un sein pour mieux bander son arc. Cette légende tenace est déconstruite par les commissaires de l’exposition, Clément Trouche et Valerio Zanetti, qui affirment : « C’est une lecture gâtée d’une source grecque. » Ils soulignent qu’il existe déjà, dans la Grèce ancienne, des critiques de cette idée reçue, et évoquent une dynamique d’altérisation de la figure de l’amazone.

Coup de fouet sur la liberté

À Arles, une centaine d’œuvres – gravures de mode, selles d’apparat, portraits équestres, vêtements de cavalière et créations contemporaines – illustrent que l’amazone est surtout une affaire de corps libre. Dès le XVIIe siècle, les femmes de la cour de Louis XIV sont encouragées à monter à cheval de manière active, dans des tenues inspirées du vestiaire masculin. Clément Trouche déclare : « L’amazone n’est pas un travestissement, c’est une déclaration de liberté, une libération physique et athlétique. »

L’amazone pour toutes !

Au XIXe siècle, la monte en amazone génère une industrie équestre innovante, notamment avec l’invention de la troisième fourche (ou leaping head) qui stabilise la cavalière au galop. Des tailleurs parisiens et londoniens rivalisent pour imposer leur coupe, permettant à des femmes de toutes conditions d’accéder à ce loisir, jusqu’alors réservé à l’aristocratie.

Une figure de la Camargue par excellence

De Paris aux bords du Rhône, des femmes comme Fanfonne Guillierme incarnent cette liberté dans les marais camarguais. Première femme manadière, elle adopte des tenues qui réinventent la mode équestre. Le projet visuel Cavalcade rend hommage à cette évolution à travers des témoignages de femmes.

L’amazone n’est pas une image figée, mais un vêtement vivant qui se transforme avec chaque femme qui le porte. Des créateurs comme Jean Paul Gaultier le prouvent, clôturant l’exposition avec une création audacieuse qui exprime une puissance indomptable.

Informations pratiques

Exposition : Amazones ! Cavalières et icônes de mode
Dates : Du 22 mai 2026 au 20 septembre 2026
Lieu : Musée de la Mode et du Costume – Fragonard, 16 Rue de la Calade, 13200 Arles
Site web : musee-mode-costume.fragonard.com

Source : Beaux Arts Magazine

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