Alors que SpaceX a fait décoller 170 fusées aux Etats-Unis, rien qu’en 2025, l’Europe en a envoyé huit dans l’espace malgré la demande croissante.
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L’Europe fait face à un défi majeur dans le domaine spatial : alors que SpaceX a réussi à faire décoller 170 fusées aux États-Unis en 2025, l’Europe n’a lancé que huit fusées durant la même période. Ce contraste met en lumière un besoin urgent d’accroître la capacité de lancement en Europe, alors que la demande pour des satellites et des services spatiaux continue de croître.
Les besoins en lancements se multiplient, notamment pour des constellations de télécommunications comme Starlink et son concurrent Amazon Leo. Parallèlement, l’Europe développe sa propre constellation, Iris². Les exigences pour l’observation de la Terre, via le programme Copernicus, augmentent également, alimentées par des applications variées, y compris celles liées à l’Internet des objets.
Joseph Aschbacher, directeur de l’Agence spatiale européenne (ESA), a récemment souligné qu’un pic de besoin de lancements est attendu entre 2029 et 2031. Cela soulève des inquiétudes quant à la capacité de l’Europe à répondre à cette demande, laissant le champ libre à d’autres pays et entreprises.
Christophe Bruno, PDG d’ArianeGroup, évoque la complexité de la production de fusées. « Notre enjeu aujourd’hui, c’est de passer de la haute couture au prêt-à-porter. Un lanceur, c’est plus de 200 000 pièces, 600 fournisseurs dans 13 pays », explique-t-il. Ce processus complexe nécessite une révision des méthodes de fabrication pour augmenter la cadence de production.
Pour remédier à cette situation, l’ESA a lancé un concours il y a trois ans pour encourager de nouvelles entreprises à développer des fusées adaptées aux besoins du marché d’ici 2030. Les projets incluent des fusées plus petites et potentiellement réutilisables, qui pourraient être lancées depuis des sites en Europe continentale, comme en Norvège.
Actuellement, quatre entreprises sont en lice pour ce concours, dont deux allemandes, RFA et Isar Aerospace, la société espagnole PDL Space et la française MaiaSpace. Cette dernière prévoit un premier vol d’essai de sa fusée, réutilisable, d’ici le deuxième semestre 2027.
Source : Franceinfo

