Comment l’Europe peut remporter la Coupe du monde économique
En 1953, l’équipe de football hongroise a battu l’Angleterre 6-3 à Wembley, un match qui a marqué un tournant dans l’histoire du football. Ce match a révélé que les Britanniques n’étaient plus les maîtres du sport qu’ils avaient créé. La Hongrie, championne olympique en titre, était invaincue depuis trois ans et dirigée par le légendaire Ferenc Puskás. Cependant, cette victoire a été sous-estimée par de nombreux observateurs, y compris des journalistes comme Frank Coles du Daily Telegraph, qui pensaient que des « tacles fermes » mettraient fin à l’habileté des joueurs hongrois.
Ce contexte sportif peut offrir des leçons sur la situation économique actuelle de l’Europe. Face à des défis croissants, notamment une Russie expansionniste, une Chine affirmée et une Amérique instable, la réponse de l’Europe a été marquée par une intransigeance accrue, avec un accent sur la réduction des formalités administratives, l’augmentation des dépenses de défense et l’imposition de taxes punitives. Cependant, la manière dont cette approche pourrait stimuler la reprise économique reste floue.
L’Union européenne (UE) a souligné que le développement technologique de la Chine repose largement sur des subventions publiques et une planification stratégique. En revanche, l’UE reste réticente à adopter des mes similaires, la centralisation et les subventions étant souvent perçues comme des tabous dans de nombreuses capitales européennes.
La position combative de Bruxelles envers Pékin indique qu’aucun changement de cap n’est prévu. Pratiquement toutes les exportations chinoises, y compris les véhicules électriques et l’acier, sont désormais soumises à des mes tarifaires strictes. Cela rappelle l’échec des États-Unis à adopter une stratégie similaire l’année dernière. Malgré des revers économiques, Bruxelles semble convaincue de sa capacité à surpasser Pékin et Washington, même si la maîtrise technologique ne compense pas les forces économiques.
En outre, l’UE fait face à un vieillissement rapide de sa population, avec une équipe qui peine à répondre aux attentes. Les performances de ses principales économies, l’Allemagne et la France, sont en deçà des prévisions, et le soutien du public envers ses dirigeants s’est affaibli.
Les solutions évidentes, comme le recrutement de nouveaux membres ou l’immigration, sont politiquement sensibles et souvent jugées impossibles. De plus, imiter les États-Unis ou la Chine ne semble pas viable, vu les différences structurelles entre leurs économies et les budgets respectifs pour la recherche et le développement.
Dans ce contexte, l’UE pourrait envisager de se réinventer en s’inspirant de son passé. Des propositions récentes, comme celle de l’Espagne visant à mutualiser les emprunts nationaux au niveau européen, montrent un désir de changement. Les discussions sur la centralisation de la surveillance financière et l’engagement de l’Irlande à conclure un accord sur ces questions témoignent d’un potentiel de réforme.
La leçon majeure à retenir est l’importance de l’unité. Comme l’a souligné Jude Bellingham, une star de l’équipe d’Angleterre, la solidarité est cruciale pour surmonter les défis. L’Europe doit donc rester unie pour faire face à ses propres défis économiques dans les années à venir.
Source : Euractiv