L’Europe face à la vague de transmission d’entreprises : enjeux et solutions
L’Europe s’apprête à vivre une décennie de transmissions d’entreprises sans précédent. Avec des centaines de milliers de PME et d’ETI risquant de passer sous contrôle étranger ou de disparaître, deux modèles de propriété éprouvés — l’actionnariat salarié de type Employee Stock Ownership Plan (ESOP) et la fondation actionnaire — se présentent comme des solutions viables. Selon Rachel Brachman, responsable des initiatives stratégiques à l’Institut pour la démocratie économique en Slovénie, et Jonas van Diepen, chargé de plaidoyer à Finexus, le 28ᵉ régime de l’Union européenne pourrait offrir une opportunité unique pour intégrer ces modèles à l’échelle européenne.
Contexte factuel
L’économie européenne souffre d’un déficit de soutien à la création d’entreprises, mais les défis liés à la transmission des entreprises, en particulier pour les entrepreneurs vieillissants, sont souvent négligés. La génération des baby-boomers, qui possède une majorité des PME, atteignant l’âge de la retraite, entraînera un pic de transmissions dans l’Union européenne au cours des dix prochaines années. Actuellement, environ 450 000 entreprises, représentant 2 millions d’emplois, sont transmises chaque année en Europe, mais un tiers de ces transmissions pourrait échouer. Ce manque d’options de succession viables ouvre la voie à des acquisitions par des investisseurs financiers.
Données ou statistiques
En France, entre 250 000 et 700 000 entreprises seront cédées au cours des dix prochaines années, selon BPCE L’Observatoire, qui recense au moins 75 000 opérations de cession-transmission chaque année. De plus, 24 % des 6200 ETI françaises sont sous contrôle étranger. En 2022, 13 % des emplois dans le secteur commercial français étaient contrôlés par des parties prenantes étrangères. La Direction générale du Trésor a également enregistré un nombre record de 392 dossiers de contrôle des investissements étrangers en 2024, soit une augmentation de 27 % par rapport à l’année précédente.
Conséquence directe
L’absence d’alternatives viables pour la transmission des entreprises représente une vulnérabilité pour l’économie française, qui pourrait voir une part significative de son tissu productif passer sous pavillon étranger. Les solutions proposées, comme l’intégration des modèles ESOP et de la fondation actionnaire dans le 28ᵉ régime, visent à offrir des outils de succession adaptés pour maintenir les entreprises en Europe et préserver la valeur créée par les travailleurs.
Source : BPCE L’Observatoire, Direction générale du Trésor
