Des OGM bientôt dans nos assiettes : l’Europe a donné son feu vert

Des OGM bientôt dans nos assiettes : l’Europe a donné son feu vert

17 juin 2026 à 15h55
Mis à jour le 17 juin 2026 à 17h43
Durée de lecture : 5 minutes

Le Parlement européen a adopté le 17 juin 2026 un texte qui déréglemente les organismes génétiquement modifiés (OGM) au sein de l’Union européenne (UE). Ce vote marque un changement significatif dans la législation européenne, alors que le Parlement avait initialement demandé des garanties concernant la traçabilité des produits issus des OGM et l’interdiction de breveter les gènes modifiés. Finalement, c’est la position de la Commission européenne, jugée moins protectrice, qui sera mise en œuvre dans deux ans.

Historiquement, les OGM ont été strictement encadrés dans l’UE, mais cette nouvelle législation ouvre la voie à leur culture et commercialisation sans contraintes. Aucune dérogation nationale ne sera permise, et tous les végétaux issus de nouvelles techniques génomiques (NGT) ayant subi moins de vingt modifications génétiques pourront être cultivés et vendus librement. Contrairement aux OGM de première génération, les NGT modifient le génome sans ajout d’ADN étranger. Cela soulève des préoccupations concernant l’absence de traçabilité et d’étiquetage, ce qui pourrait entraîner une contamination des filières européennes.

Les filières biologiques, qui interdisent les NGT dans leurs produits, expriment des inquiétudes face à cette évolution. Toutefois, certains traits, tels que la tolérance aux herbicides et la production de substances insecticides, devront être déclarés et étiquetés.

Une autre conséquence de cette législation est la possibilité de breveter les OGM auprès de l’Office européen des brevets. Cette privatisation du vivant a été dénoncée par de nombreuses organisations écologiques et agricoles. Les petites et moyennes entreprises (PME) du secteur craignent que cette situation favorise des multinationales comme Bayer, Syngenta et Corteva.

Malgré une mobilisation transpartisane contre les brevets, le texte a été adopté, soutenu par le centre, la droite et l’extrême droite, qui y voient une promesse technologique pour faire face aux enjeux agricoles liés au changement climatique. La gauche et les écologistes ont voté pour des amendements visant à renforcer le contrôle des brevets, mais sans succès.

Le 21 avril 2026, dix-huit États membres de l’UE, y compris la France, avaient voté en faveur de ce texte, tandis que l’Allemagne, la Belgique et la Bulgarie s’étaient abstenues, et que d’autres pays comme la Croatie et l’Autriche avaient voté contre.

En supprimant les exigences d’évaluation des risques, de traçabilité et d’étiquetage, les législateurs semblent faire fi du principe de précaution, soulevant des questions sur la sécurité alimentaire future en Europe.

Source : Parlement européen

Source