L’Europe a achevé un rover martien, mais des obstacles freinent son lancement.

L'Europe a un rover martien achevé et testé depuis 2022 : ce qui l'empêche de partir ne se trouve pas à Turin

L’Europe face à l’immobilisme du rover Rosalind Franklin : un défi géopolitique et technique

Un rover martien, achevé et testé, reste cloué au sol depuis 2022 en raison de complications géopolitiques. Le rover Rosalind Franklin, pièce maîtresse de la mission ExoMars de l’Agence spatiale européenne (ESA), attend un départ vers Mars qui ne se concrétisera qu’en 2028.

Au début de l’année 2022, tous les indicateurs étaient favorables. Le rover avait bénéficié de mois de maintenance et d’essais fonctionnels réussis. Cependant, l’invasion de l’Ukraine par la Russie le 24 février 2022 a conduit l’ESA à suspendre sa coopération avec Roscosmos, l’agence spatiale russe, qui fournissait le système d’atterrissage Kazachok et le lanceur Proton. Cette rupture a laissé l’Europe avec un rover opérationnel mais sans moyen de rejoindre la surface martienne.

Le 23 novembre 2022, les responsables de l’ESA ont décidé de poursuivre le projet malgré l’abandon du partenariat avec la Russie. Cela a nécessité la reconstruction d’un atterrisseur martien, un processus complexe et coûteux. L’ESA a attribué un contrat de 522 millions d’euros à Thales Alenia Space pour développer les éléments nécessaires à la mission. De plus, un accord a été signé avec la NASA pour fournir des services de lancement et des équipements essentiels, tels que des moteurs de freinage et des générateurs thermiques.

La reconstruction du module d’atterrissage, rebaptisé EDLM (Entry, Descent and Landing Module), fait appel à un consortium européen impliquant plusieurs entreprises. La date de lancement est maintenant fixée entre octobre et décembre 2028, avec une arrivée sur Mars prévue pour 2030.

Cependant, des incertitudes demeurent, notamment en raison de possibles réductions budgétaires au sein de la NASA. Si ces propositions ne sont pas encore approuvées, l’ESA as que sa contribution reste ferme, laissant espérer que le rover ExoMars pourra enfin se diriger vers la planète rouge. Huit ans après l’achèvement du rover, l’Europe doit faire face à une leçon importante : la dépendance envers un partenaire unique dans une mission spatiale peut engendrer des complications géopolitiques majeures.

Source : usinenouvelle.com, presseagence.fr

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