L'été d'avant présidentielle: 2001, le calme puis les tempêtes | LCP

L’été d’avant présidentielle : 2001, le calme puis les tempêtes

En ce début d’été 2001, la France se prépare à une élection présidentielle marquée par une campagne qui s’annonce calme, avant d’être bouleversée par des événements internationaux majeurs. Lionel Jospin, Premier ministre socialiste, et Jacques Chirac, président en exercice, se positionnent pour l’affrontement de 2002, tandis que d’autres candidats, moins politiques, captent l’attention du public.

Depuis le 26 avril, des millions de téléspectateurs suivent avec intérêt les aventures de participants de l’émission de télé-réalité Loft Story. Le député RPR Philippe Séguin ironise sur ce phénomène, notant qu’un nombre de votants comparable à celui du référendum sur le quinquennat a été enregistré pour départager les candidats de l’émission. Le 5 juillet, 11,7 millions de Français assistent au sacre de Loana.

L’été débute avec la révélation du passé trotskiste de Lionel Jospin, suivi par des polémiques concernant Jacques Chirac et le financement de ses voyages privés. Lors de son interview du 14 juillet, Chirac remet en cause les accusations portées à son encontre, qualifiant les sommes en question de « pschitt ». Il en profite pour critiquer le bilan de Jospin, notamment en matière de sécurité, un thème qui préfigurera la campagne de 2002.

De son côté, Jospin mise sur ses résultats économiques, avec une baisse d’un million de chômeurs entre juin 1997 et janvier 2001. Toutefois, il devra admettre quelques mois plus tard n’avoir pas réussi à réduire l’insécurité.

Au mois d’août, alors que Jacques Chirac se retire au fort de Brégançon, Jospin se ressource à l’île de Ré. Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre de l’Intérieur, annonce sa candidature, participant à l’éparpillement des voix socialistes. Jean-Marie Le Pen, président du Front national, continue sa campagne malgré une récente scission au sein de son parti.

La campagne est profondément bouleversée par les attentats du 11 septembre 2001, qui touchent le World Trade Center et le Pentagone. Cet événement marque un tournant dans la perception des enjeux de sécurité en France. Jospin déclare que les États doivent lutter contre le terrorisme sur leur territoire. Quelques semaines plus tard, la France s’engage aux côtés des États-Unis dans une opération militaire en Afghanistan.

Dix jours après les attentats, une explosion à l’usine AZF à Toulouse fait 30 morts et des milliers de blessés, accentuant les craintes d’une menace sur le territoire français.

L’été 2001, qui avait commencé sous le signe de l’insouciance, se transforme en un moment de réflexion sur la sécurité et l’identité nationale. Ces thématiques deviennent centrales dans la campagne, au détriment de Lionel Jospin, qui échoue à se qualifier pour le second tour des élections, avec 16,18 % des voix, derrière Jean-Marie Le Pen (16,86 %) et Jacques Chirac (19,88 %).

Source : LCP

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