Des liquides pourraient terminer dans le Rhône : l’État réquisitionne un site classé Seveso
Le site Fibre Excellence de Tarascon (Bouches-du-Rhône), actuellement en liquidation judiciaire, a été réquisitionné par l’État pour asr la sécurité de cette installation classée « Seveso seuil bas ». Cette décision intervient en raison de l’inaction du liquidateur judiciaire, malgré plusieurs mises en demeure des autorités. La préfecture des Bouches-du-Rhône a déclaré qu’il est impératif de maintenir le site en bon état pour prévenir toute pollution chimique susceptible d’affecter la population ou l’environnement.
Le liquidateur judiciaire avait jusqu’à lundi 23h59 pour appliquer un arrêté préfectoral de réquisition, reçu durant le week-end, lui enjoignant de mettre en œuvre des mes d’urgence. Des agents de la Direction régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (Dreal) ont constaté le non-respect de cette demande. La préfecture avait déjà émis un autre arrêté la semaine précédente, demandant la remise en marche immédiate des systèmes de sécurité, notamment le dispositif de défense incendie et la station d’épuration, essentielle pour recueillir les rejets accidentels de produits chimiques dans le Rhône. Malgré la liquidation de l’usine le 29 juillet, le site contient encore onze tonnes de bois et des produits chimiques dangereux, tels que le peroxyde d’hydrogène, le propane et le fioul lourd.
Des syndicats, notamment la CGT, ont exprimé des préoccupations concernant la sécurité du site, en soulignant que plusieurs anciens salariés devraient être impliqués dans les opérations de sécurisation. Jean-Michel Bulinge, délégué syndical et technicien de maintenance sur le site, a averti que des orages et de la pluie sont prévus, ce qui pourrait entraîner un rinçage des liquides dans le Rhône si des mes ne sont pas prises rapidement.
Les co-liquidateurs judiciaires, Alix Brenac et Marc-Antoine Rey, ont précisé que les volumes de liquides stockés ne peuvent pas être traités par la station d’épuration, qui n’est pas adaptée à leurs caractéristiques. Ils insistent sur la nécessité d’identifier des filières pour le traitement ou la valorisation des produits chimiques. La mise en sécurité complète du site reste leur priorité.
Le site de Tarascon ne partage pas le même avenir que celui de Saint-Gaudens (Haute-Garonne), également en liquidation judiciaire, qui pourrait bénéficier d’une continuité temporaire d’activité. Le tribunal de commerce de Toulouse doit se prononcer à ce sujet le 15 septembre.
Source : Le Progrès

