L’État refuse de muscler l’offre de reprise de Fibre Excellence
Un nouvel échange avec le ministère de l’Industrie a eu lieu, ce mercredi 1er juillet, pour tenter de muscler l’offre de reprise de Fibre Excellence. Mais selon la CGT, l’État refuse d’apporter 15 millions d’euros au projet du banquier d’affaires, Matthieu Pigasse.
Alors que le dépôt des offres de reprise du fabricant de pâtes à papier Fibre Excellence est fixé à ce jeudi 2 juillet 2026, un rendez-vous de dernière minute a été organisé entre le ministère de l’Industrie, la direction et les représentants syndicaux. Un temps d’échange en visioconférence de la dernière chance pour tenter de convaincre l’État de venir consolider l’offre de Matthieu Pigasse. Cependant, Sébastien Oustric, délégué syndical CGT de Fibre Excellence à l’usine de Saint-Gaudens, a indiqué qu’il n’en sera rien.
Le financier, Matthieu Pigasse, doit déposer son offre de reprise d’ici demain. L’homme d’affaires a été démarché par la CGT au niveau national et bénéficie du soutien des présidents des collectivités régionales d’Occitanie et de Provence Côte d’Azur, ainsi que des organisations syndicales nationales. Il appelle à un geste de l’État pour renforcer la crédibilité financière de son offre.
Cet appel n’a pas été entendu. Selon Sébastien Oustric, « ils ne font pas d’effort de plus. Ils disent qu’ils ont déjà tout fait, ils ne mettent rien de plus. » La réponse du directeur de cabinet du ministre délégué à l’Industrie serait identique à celle faite à Jean-François Guillot, le dirigeant de Fibre Excellence, qui avait travaillé sur un projet de reprise avant de se retirer.
La question du tarif de vente de l’énergie produite par les usines de pâte à papier de Saint-Gaudens et de Tarascon est également au cœur du dossier. Oustric a précisé qu’il aurait été préférable que l’État participe à hauteur de 15 millions d’euros.
Déçu, Oustric s’interroge sur la prise de conscience du gouvernement concernant les conséquences d’une liquidation judiciaire du groupe papetier. Il a averti que le coût de la dépollution et des problèmes sociaux engendrés pourrait dépasser les 15 millions d’euros demandés. « La dépollution du site, au bas mot, ce sera 300 ou 400 millions d’euros par site. Et sur le plan socio-économique, derrière, ça va être un désastre, » a-t-il déclaré.
Fibre Excellence, qui possède les deux dernières grandes fabriques de pâte à papier de France, a été placée en redressement judiciaire fin avril. 670 emplois directs sont en jeu, sans compter l’équilibre de la filière bois. Matthieu Pigasse devrait déposer son offre de reprise ce 2 juillet, même si celle-ci est incomplète. La CGT appelle le gouvernement à fournir « toutes les garanties et aides nécessaires pour asr une décision positive du tribunal de commerce, » soulignant que l’État porterait la responsabilité d’un échec s’il n’agissait pas immédiatement.
L’audience au tribunal de commerce de Toulouse est fixée au 6 juillet. Oustric a indiqué qu’ils espèrent gagner un peu de temps sur le délibéré pour déposer encore des offres jusqu’à la fin du mois de juillet.
Source : France 3 Régions