L’État français a annoncé un renforcement de son partenariat avec la start-up d’intelligence artificielle Mistral, visant à déployer plusieurs expérimentations dans divers ministères, notamment en matière de cybersécurité et de lutte contre la fraude. Cette information a été confirmée mercredi par le cabinet du ministre des Comptes publics, David Amiel, et a été relayée par Les Echos. Ce développement intervient quelques mois après la mise en service, en juin, d’un assistant d’intelligence artificielle développé avec Mistral, qui est désormais utilisé par deux millions d’agents publics. Trois cas d’usage prioritaires seront déployés dans les semaines à venir. Le premier se concentre sur la cybersécurité, l’État cherchant à renforcer ses capacités de défense après plusieurs attaques informatiques, dont le piratage de la Direction générale des finances publiques (DGFiP) cet été, qui a conduit à la fuite de données fiscales de 678 000 particuliers et professionnels. Le ministère de la Justice envisage également d’utiliser l’IA pour le traitement des contentieux de masse, afin d’accélérer le traitement des dossiers et de désengorger les tribunaux. Par ailleurs, Bercy prévoit d’utiliser l’intelligence artificielle pour cibler les comportements frauduleux. L’administration fiscale a déjà intégré des outils d’apprentissage automatique pour détecter certaines fraudes, notamment dans le secteur immobilier. Ce projet représente un investissement de six millions d’euros pour la période 2026-2027. Mistral s’engage à détacher des ingénieurs au sein des administrations pour mettre en œuvre les différents cas d’usage identifiés. Les outils développés pourront être hébergés sur diverses infrastructures, selon la sensibilité des données, que ce soit sur les infrastructures de Mistral, le cloud souverain d’Outscale ou les centres de données des administrations. Le partenariat a été établi à l’issue d’une procédure de marché public et n’est pas exclusif, selon Bercy. Mistral collabore déjà avec plusieurs acteurs publics français, tels que le ministère des Armées, France Travail et l’Assurance maladie. Source : Les Echos.

