L’Europe risque une pénurie de lanceurs pour ses satellites d’ici 2030
Le directeur général de l’Agence spatiale européenne (ESA), Josef Aschbacher, a averti que l’Europe pourrait faire face à une pénurie de lanceurs pour le déploiement de ses futurs satellites à l’horizon 2030. Dans un entretien accordé au Financial Times, il a précisé que le pic des besoins en lancements serait observé autour de 2029, 2030 et 2031, en tenant compte des constellations et missions actuelles et prévues.
Pour répondre à cette demande croissante, l’Europe prévoit d’intensifier ses lancements dans les années à venir. Parmi les projets majeurs, le déploiement de la constellation de communications sécurisées Iris² est programmé pour commencer en 2029. De plus, le système de navigation par satellite Galileo sera renforcé, tout comme le programme d’observation de la Terre, Copernicus. Plusieurs pays européens, dont l’Allemagne, sont également en train de développer leurs propres constellations, à des fins civiles ou militaires.
Cependant, l’Europe fait face à des capacités de lancement limitées. La nouvelle fusée lourde Ariane 6 commence à entrer progressivement en service, tandis que le lanceur léger Vega C a relancé ses vols fin 2024. En comparaison, l’Europe a prévu seulement sept lancements pour 2025, contre 170 pour SpaceX l’année précédente, qui a mis en orbite environ 2 500 satellites.
Cette situation est d’autant plus préoccupante qu’elle survient alors que l’Europe cherche à renforcer son autonomie spatiale face aux États-Unis, tandis que la Chine a considérablement développé ses capacités de lancement et ses infrastructures orbitales. Josef Aschbacher a souligné l’importance de garantir que l’Europe puisse lancer ses satellites avec des lanceurs européens.
Cette alerte intervient à quelques semaines d’un sommet spatial international, qui se tiendra à Paris les 9 et 10 septembre, rassemblant les principales puissances spatiales et des acteurs privés pour discuter de l’accès à l’espace et de l’adaptation des règles aux nouvelles activités spatiales.
Source : Financial Times



