Les ZFE renforcent le verdissement du parc automobile et contribuent au recul de ses émissions polluantes
La pollution des voitures, un enjeu majeur de santé publique
La pollution de l’air dans les grandes agglomérations constitue un enjeu majeur de santé publique. Le trafic routier est l’une des principales sources de polluants atmosphériques urbains, en particulier d’oxydes d’azote et de particules fines, avec des effets négatifs sur la santé. Pour réduire l’exposition des populations à la pollution de l’air, plusieurs grandes villes européennes ont mis en place des zones à faibles émissions (ZFE), qui limitent l’accès des véhicules les plus polluants aux zones les plus denses. Les évaluations existantes font état d’effets positifs sur la qualité de l’air dans les ZFE, notamment pour les villes allemandes et Madrid.
En France, les ZFE ont été introduites sous forme expérimentale à partir de 2017, puis généralisées par la loi d’orientation des mobilités en 2019. Elles s’appuient sur la classification Crit’Air, qui attribue à chaque véhicule une vignette en fonction de son type d’énergie et de sa norme Euro. Les véhicules les moins bien classés font ainsi l’objet d’interdictions de circulation progressives.
Le renouvellement du parc automobile favorise son verdissement
Le parc automobile se renouvelle progressivement, tant dans les ZFE qu’en dehors, à me que les véhicules les plus anciens sont remplacés par des modèles récents, généralement moins polluants. Entre 2015 et 2025, la part des voitures Crit’Air 1 et électriques, les moins polluantes, augmente fortement : de 8,7 % à 42,0 % dans les ZFE régionales, de 9,8 % à 48,6 % dans la Métropole du Grand Paris, et de 6,4 % à 31,7 % hors ZFE. Dans le même temps, la part des voitures classées Crit’Air 3 ou plus recule nettement, les Crit’Air 5 et non classées devenant résiduelles dans les ZFE.
Ce verdissement du parc s’accompagne d’une forte baisse des émissions de polluants locaux. En 2024, les émissions d’oxydes d’azote (NOx) des voitures sont inférieures de 48,3 % par rapport à leur niveau de 2014 dans les ZFE régionales et de 57,4 % dans la Métropole du Grand Paris. Les émissions de particules fines diminuent également fortement dans toutes les zones, tandis que les émissions de dioxyde de carbone (CO₂) baissent plus modérément.
Un effet modéré des ZFE sur des émissions déjà en forte baisse
Les ZFE contribuent à réduire les émissions polluantes du parc automobile, mais cet effet reste limité par rapport à la baisse tendancielle liée au renouvellement du parc. Sur une période de cinq ans, les émissions d’oxydes d’azote diminuent de 38,9 % dans les intercommunalités dotées d’une ZFE, dont 4,6 points sont attribuables au dispositif. Pour les particules fines, la baisse totale atteint 31,1 %, avec une contribution des ZFE de seulement 1,4 point.
Conclusion
Les zones à faibles émissions renforcent le verdissement du parc automobile en favorisant le renouvellement vers des véhicules moins polluants. Bien que leur impact sur les émissions soit significatif, il demeure modéré par rapport à la tendance générale de réduction des émissions due au renouvellement du parc.
Source : INSEE

