Si ça va jusqu’au bout, on devrait tomber sur un très bon millésime : le rêve des viticulteurs normands deviendra-t-il réalité ?
C’est un petit secteur qui ambitionne de devenir grand : celui du vin normand. Aujourd’hui, la région compte une dizaine de viticulteurs professionnels ; un syndicat a été créé en février pour les réunir.
Sur quelques hectares de vignes pousse un rêve un peu fou, celui d’une Normandie viticole. « Si ça va jusqu’au bout, on devrait tomber sur un très bon millésime », déclare Sébastien, ancien viticulteur dans le Val de Loire, qui a planté ses premières vignes dans le Pays d’Auge en 2023. Ce projet représente un pari sur l’avenir face au réchauffement climatique qui commence déjà à porter ses fruits.
Cette semaine, les viticulteurs se sont rassemblés lors de la première journée professionnelle de la filière vigne et vin en Normandie. Sébastien Fricker, viticulteur, note : « On s’aperçoit que la matière organique qui est présente dans les sols est assez importante, ce qui fait qu’aujourd’hui la vigne s’y plaît vraiment très bien et que la richesse aromatique qu’on a dans les vins vient forcément de tout ça. » Il se dit « très agréablement surpris » par les résultats de ce premier millésime.
Pour cette première année de commercialisation, 11 500 bouteilles ont été partagées avec de nombreux acteurs du monde viticole. Nicolas Berton, œnologue, ajoute : « On est sur un cortège entre le végétal, la fleur blanche et les fruits frais, c’est vraiment très intéressant. » Il souligne que le climat plus frais permet d’obtenir une déclinaison aromatique des cépages, apportant fraîcheur et longueur en bouche, des caractéristiques qu’il considère comme la signature des vignobles normands.
Actuellement, la région compte environ 70 hectares de vignes, une goutte d’eau au milieu des 800 000 hectares plantés en France. Cependant, pour le syndicat viticole de Normandie, ce n’est que le début de l’aventure. Maxime Gazeau, animateur du syndicat, admet que « ça va prendre du temps ». Il précise que « ce n’est pas demain la veille qu’on va pouvoir mettre la Normandie sur une carte des vins de France », mais il reste optimiste, affirmant que le syndicat se bat pour défendre les intérêts de ses membres.
Des acteurs de toute la France se sont déplacés pour cette première journée professionnelle, signe que l’intérêt pour les vignobles de Normandie est en pleine croissance.
Source : France 3 Régions
