Les vestiges d’un château médiéval à Didonne
Aujourd’hui, le château de Didonne a entièrement disparu. Il n’en reste que le toponyme « Le Châta » et un réseau de douves imposantes, témoignant d’une seigneurie majeure à l’entrée de l’estuaire de la Gironde. Les textes attestent son existence dès le XIe siècle et son rôle stratégique pendant la guerre de Cent Ans. Minée par ce conflit, la forteresse s’efface progressivement du paysage, ne laissant pour trace que ses fossés.
Un site stratégique : entre coteau calcaire, marais et littoral
Le château était implanté sur la pente d’un coteau calcaire dominant la vallée marécageuse du Riveau, un ruisseau aujourd’hui canalisé. Au-delà s’étend le cordon dunaire qui borde le littoral atlantique, à la rencontre des eaux de l’estuaire. Cette position géographique exceptionnelle explique l’importance stratégique de Didonne : contrôle de l’estuaire, accès au littoral, surveillance des voies de circulation.
Un système défensif sophistiqué : deux douves concentriques
La fouille archéologique, complétant le diagnostic de 2012, révèle un double réseau de douves ceinturant l’enceinte. Leur étude permet de reconstituer l’ampleur des aménagements défensifs.
Au pied du château, la douve interne présente des dimensions impressionnantes : près de 15 m de large pour une profondeur, par rapport à un pied de courtine supposé, d’au moins 6,50 m. Un imposant talus enroché garnit l’escarpe du fossé, ayant une largeur d’au moins 10 m. Cet aménagement, masqué par un niveau de marne puis un lit végétalisé, est daté au plus tard du XIIe siècle, illustrant l’importance stratégique du site.
Un village médiéval autour du castrum
À l’extérieur du castrum de Didonne, un village s’est développé en parallèle avec la forteresse. De nombreux creusements témoignent de cette occupation, notamment des silos et des trous de poteau. Un réseau de fossés structure le secteur, avec au moins deux puits détectés.
Le lien entre la mise en place du castrum et le village est détectable au niveau de la douve interne, qui a recouvert des structures domestiques. Une partie de la butte de Didonne est occupée dès la période carolingienne, montrant un continuum d’occupations.
Journées portes ouvertes
Des visites commentées de la fouille seront organisées les 29 et 30 août, de 10h à 12h et de 14h à 16h, par Catherine Vacjer, archéologue à l’Inrap. L’entrée est gratuite, avec départ des visites toutes les heures.
Accès : 35 rue Jean Moulin, au fond de l’impasse, 17110 Saint-Georges-de-Didonne.
Aménagement : SA Noalis
Contrôle scientifique : Service régional de l’archéologie (DRAC Nouvelle-Aquitaine, site de Poitiers)
Recherche archéologique : Inrap
Responsable scientifique : Catherine Vacher, Inrap
Source : Inrap



