Les vendanges de Bernard, 85 ans, marquent sa 50e participation dans le même domaine.

Les vendanges sans Bernard, ça ne peut pas exister

Chaque été depuis cinquante ans, Bernard Philippe participe aux vendanges du domaine Maxime Brand à Ergersheim (Bas-Rhin). À 85 ans, il compte même continuer encore quelques saisons.

Bernard Philippe est comme chez lui au domaine Maxime Brand d’Ergersheim. Il a sa place attitrée à table, a connu la gérante, Mélanie Brand, lorsqu’elle était encore bébé et raconte volontiers des anecdotes. Pour cause, c’est un habitué. Depuis 1976, il y fait les vendanges.

S’il est si fidèle à ce domaine, c’est que Bernard est un grand ami de Maxime Brand, père de l’actuelle gérante. Il était le moniteur d’auto-école du vigneron lors de son service militaire. « On est restés copains et je me suis invité pour faire les vendanges chez lui », raconte-t-il.

Quand il travaillait encore pour l’armée, Bernard posait des permissions pour pouvoir venir. « C’est un domaine plus qu’appréciable. On travaille en plaisantant, en se racontant des blagues. Et on ne mange jamais deux fois la même chose. »

À 85 ans, il n’est plus aussi facile de suivre le rythme. Si Bernard ne se plaint que de petites douleurs sous les pieds, les Brand ont pris l’initiative de ne le faire travailler que le matin. Après le déjeuner, il rentre chez lui. « Je sais que je n’ai pas 20 ans, mais j’aurais bien aimé rester l’après-midi. Pour moi, c’est un sport. »

Dans les vignes, Bernard distille ses conseils avisés aux plus jeunes. Il est le vendangeur avec le plus d’ancienneté, et de loin. Jean-Louis, l’autre « dinosaure » de l’équipe, n’est là « que » depuis vingt-cinq ans.

Son expérience permet aussi à Bernard de jouer le rôle de gardien de la mémoire. Surtout dans un contexte de précocité des vendanges. « En 1976, quand je suis venu pour la première fois, on a commencé un 18 octobre. Cette année-là, on n’a eu que de la pluie. Cette année, on a commencé le 24 août. »

Malgré toutes ces années à prêter main-forte dans les vignes, Bernard n’a jamais songé à s’y consacrer à plein temps. Il ne s’y connaît « pas assez » en viticulture et préfère la pratique à la théorie. Ce qui lui plaît le plus dans les vendanges ? Le travail de la terre, une façon de se remémorer ses années en tant qu’ouvrier agricole.

Aujourd’hui, les Brand considèrent Bernard comme un membre de la famille. Pour Mélanie Brand, la gérante, « les vendanges sans Bernard, ça ne peut pas exister. » L’octogénaire se laisse encore un peu de temps avant d’arrêter, environ cinq ans, ou jusqu’à tant qu’il ne puisse plus marcher.

Source : France3 Régions.

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