Les streameurs entrent en campagne : un nouvel enjeu politique
Ce weekend, l’Université d’été du parti Reconquête, dirigé par Éric Zemmour et Sarah Knafo, a fait parler d’elle, non pas pour ses discours sur le grand remplacement, mais pour une vidéo virale montrant le couple assis aux côtés de Sardoche, un streameur influent. Sardoche, connu dans l’univers de Twitch, a accumulé plus de 1,2 million d’abonnés grâce à ses directs sur des jeux comme League of Legends. Bien qu’il se revendique de droite et libéral, ses prises de parole sont souvent considérées comme extrêmes.
Sardoche a récemment appelé à lutter contre ce qu’il désigne comme la « vermine Lfiste », attirant ainsi l’attention de Reconquête. La présence d’un streameur aussi populaire lors de cet événement témoigne de la volonté du parti d’attirer un électorat plus jeune, une cible difficile à conquérir. Lors des élections européennes de 2024, la liste Reconquête, menée par Marion Maréchal, a obtenu environ 4 % des voix des 18-34 ans, contre 32 % pour le Rassemblement National dans la même tranche d’âge.
S’afficher avec un parti d’extrême droite représente un risque pour Sardoche, qui pourrait perdre une partie de son public. Il est l’un des premiers streameurs français à participer physiquement à un meeting de campagne, un phénomène déjà observé aux États-Unis avec des personnalités comme Donald Trump, qui se sont associées à des influenceurs pour mobiliser leurs bases.
En France, plusieurs influenceurs se sont engagés politiquement. À droite, des figures comme Papacito et Le Raptor sont bien établies dans la sphère d’extrême droite, tandis qu’à gauche, des créateurs comme Usul soutiennent Jean-Luc Mélenchon. Récemment, des streameurs comme Kameto et Domingo, avec plus de 4 millions d’abonnés à eux deux, ont pris position contre le Rassemblement National.
Ces engagements politiques posent la question de la responsabilité des personnalités publiques. Les créateurs de contenus, qui exercent une influence considérable sur leurs communautés, sont de plus en plus sollicités pour s’exprimer sur des enjeux politiques. À l’approche des élections, ce phénomène pourrait jouer un rôle déterminant dans les résultats.
Source : Radio France.

