Émigration des jeunes Marocains : un phénomène croissant
À l’approche du 15 août, les autorités marocaines intensifient les mes de sécurité à Fnideq, en réponse à des appels sur les réseaux sociaux pour une nouvelle tentative de passage massif vers Ceuta. Le 30 juillet, des milliers de personnes avaient déjà tenté de rejoindre l’enclave espagnole.
Conditions de vie précaires
Lina Jouari, 19 ans, habite un village en périphérie de Tanger. Elle vit dans un garage avec ses cinq frères et sœurs, tous à la recherche d’un emploi. Lina décrit ses conditions de vie : « Quand il fait chaud, il fait très chaud, quand il fait froid, il fait très froid, quand il pleut, on est inondés. C’est vraiment la galère », témoigne-t-elle. L’accès à un emploi est difficile ; elle explique qu’elle doit dépenser sept dirhams pour prendre un taxi vers Tanger, où elle espère trouver du travail.
Un manque d’opportunités
Le 30 juillet, comme plus de 60 000 Marocains, Lina a tenté de rejoindre Ceuta. Elle évoque des raisons économiques, mais aussi un sentiment d’impuissance face à un système qu’elle perçoit comme inégalitaire : « Pour étudier, tu dois soit être riche, soit avoir du réseau. Mais mon père n’a aucun des deux. Comment on fait alors ? »
Le sociologue Mehdi Alioua souligne que ce phénomène est symptomatique d’un manque d’espoir chez les jeunes : « Ce sont des jeunes qui n’arrivent pas à vivre pleinement leur vie. La fuite, ce n’est pas que la grogne, c’est le manque d’espoir. »
Statistiques alarmantes
Selon le Haut-Commissariat au Plan, un jeune Marocain sur quatre, âgé de 15 à 24 ans, n’est ni en emploi, ni en études, ni en formation, représentant environ 1,5 million de jeunes. Ce constat met en lumière l’ampleur de la crise de l’emploi et de l’éducation dans le pays.
Ce phénomène d’émigration, alimenté par des conditions de vie précaires et un manque de perspectives, pourrait avoir des conséquences significatives sur la société marocaine, aggravant les tensions sociales et économiques.
Source : DW.com



