Mont-de-Marsan : 50 ans du premier festival punk rock européen
En août 1976, Mont-de-Marsan, petite ville de garnison des Landes, devient le théâtre d’un événement marquant : le premier festival punk rock européen. Pierre-Albert Blain, alors âgé de 18 ans, se souvient de son arrivée dans cette ville de moins de 26 000 habitants, où il a fait face à des regards hostiles en raison de son style vestimentaire atypique. Il avait traversé la France, de Paris à Mont-de-Marsan, pour assister à des concerts de groupes underground, comme les Pink Fairies et les Ducks de Luxe, annoncés dans les arènes locales.
Le festival, qui se tient le 21 août 1976, présente plusieurs groupes, mais le terme « punk » est mis entre guillemets sur l’affiche, car le mouvement n’est pas encore pleinement défini. Pierre-Albert Blain témoigne : « Il n’y avait pas grand-chose de punk à ce festival, c’était trop tôt ! » Les spectateurs, bien que vêtus de cuir, n’affichent pas encore les célèbres coiffures iroquoises.
L’événement, organisé par Marc Zermati, disquaire et producteur, réussit à rassembler quelques centaines de passionnés. Parmi les artistes présents, seuls The Damned peuvent être qualifiés de « punk ». Zermati, qui a anticipé l’essor du mouvement à Londres et New York, a su donner une dimension historique à ce festival.
L’année suivante, en août 1977, un second festival est organisé, attirant près de 5 000 spectateurs. Cette fois, la programmation inclut des groupes plus emblématiques, tels que The Clash et The Damned, et l’ambiance est plus authentiquement punk. Les autorités locales, initialement réticentes, finissent par céder face à l’engouement croissant pour le punk.
Cependant, la mairie de Mont-de-Marsan refuse de renouveler l’événement par la suite, malgré son succès. Ce n’est qu’en 1983, après un changement politique, que le festival renaît, attirant des artistes comme Nina Hagen et Siouxsie and the Banshees. André-Marc « Dudu » Dubosc, l’un des organisateurs, se transforme en disquaire, tandis qu’Alain Lahana devient tourneur pour des artistes de renom.
L’impact de ces festivals sur la scène musicale française est indéniable, marquant un tournant dans l’histoire du rock en France.
Source : Franceinfo
