Les philosophes, nouvelles stars de l'IA ? Pourquoi il faut se méfier de l'emballement médiatique

Les philosophes, nouvelles stars de l’IA ? Pourquoi il faut se méfier de l’emballement médiatique

Le domaine de la philosophie semble connaître un regain d’intérêt dans le contexte actuel de l’intelligence artificielle. Alors que les formations en ingénierie, en droit ou en commerce garantissent des carrières prometteuses, la philosophie, jusqu’à récemment, offrait des perspectives plus incertaines. Cependant, des données récentes indiquent qu’en 2024, le taux de chômage des diplômés en ingénierie informatique était de 7,8 %, tandis qu’il se stabilisait à 5,1 % pour les philosophes, selon la Federal Reserve Bank of New York.

Une ouverture dans la Silicon Valley

Les grands laboratoires d’IA, tels qu’OpenAI et Anthropic, commencent à recruter des philosophes pour des missions de conseil et des rôles permanents. Par exemple, Amanda Askell, une philosophe écossaise, a été la principale rédactrice de la « constitution » de Claude, l’IA d’Anthropic, un document de 20 000 mots qui intègre des valeurs issues de divers courants philosophiques. En 2013, seulement 1 % des offres d’emploi en philosophie mentionnaient l’IA ; ce chiffre a bondi à 16 % en 2025.

Éthique et responsabilités

L’éthique de l’IA est devenue un sujet central. Des entreprises comme Google et Microsoft ont commencé à intégrer des éthiciens, bien que ces initiatives aient parfois été interrompues, comme en témoigne le licenciement de l’éthicienne Timnit Gebru chez Google en 2020. Les chercheurs notent que l’IA soulève des questions morales cruciales, notamment sur les biais algorithmiques et la responsabilité des décisions automatisées.

Un marché limité

Malgré cet intérêt croissant, la réalité est plus nuancée. Hubert Etienne, un philosophe ayant travaillé dans le secteur, souligne qu’il n’y a pas plus de dix philosophes employés par les grands laboratoires d’IA. De plus, les différences de formation philosophique entre l’Europe et les États-Unis compliquent encore davantage la situation. Les ingénieurs, avec des salaires médianement 1,75 fois plus élevés que ceux des professeurs de philosophie, restent en position de force sur le marché de l’emploi.

En conclusion, bien que les philosophes semblent bénéficier d’une attention renouvelée dans le secteur de l’IA, il est crucial de garder à l’esprit que les opportunités restent limitées et que l’emballement médiatique peut donner une image trompeuse de la réalité.

Source principale : L’Express

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