Les Européens s’accordent après la crise de Ceuta

Les Européens s’accordent après la crise migratoire de Ceuta

Les 27 pays membres de l’Union européenne se sont réunis ce mardi en visioconférence pour analyser la crise migratoire survenue à Ceuta et les tensions qu’elle a engendrées. Plusieurs États, dont l’Italie et le Danemark, avaient demandé l’exclusion de l’Espagne de l’espace Schengen, l’accusant de favoriser une « immigration incontrôlée ».

À l’initiative de 22 dirigeants européens, dont le chancelier allemand Friedrich Merz, une lettre ouverte a été adressée à la présidence irlandaise de l’UE, demandant une « réponse européenne immédiate et coordonnée » face à cette situation sans précédent, laissant le gouvernement espagnol isolé. En réponse, le Premier ministre espagnol, défendant une politique migratoire ouverte, a critiqué l’attitude « égoïste » de certains pays et a sollicité cette réunion d’urgence.

À l’issue de la visioconférence, les déclarations ont été axées sur l’apaisement et la solidarité envers l’Espagne. Le ministre espagnol de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a affirmé que l’espace Schengen n’avait pas été « compromis » durant la crise. Il a précisé qu’au moins 72 000 migrants étaient entrés illégalement à Ceuta la semaine dernière, dont 70 000 sont déjà rentrés au Maroc. Ce chiffre a été mis à jour, le gouvernement ayant précédemment estimé à 50 000 le nombre de migrants.

Le Danemark, qui avait évoqué une possible suspension de la coopération Schengen avec l’Espagne, a salué la réponse rapide de Madrid, avec le déploiement de forces de police et militaires. Le ministre danois de l’Immigration, Morten Bødskov, a souligné l’importance de maintenir le contrôle des frontières de l’UE.

Les États membres ont exprimé leur solidarité envers l’Espagne tout en reconnaissant que la communication pendant la crise pouvait être améliorée. Un consensus a également émergé sur la nécessité de lutter contre les réseaux de trafic de migrants, de renforcer les retours et de consolider la protection des frontières de l’UE.

Ceuta, enclave espagnole de 84 000 habitants située à la pointe nord du Maroc, constitue l’une des deux frontières terrestres entre l’Afrique et l’Europe. Cette enclave ne fait pas partie de l’espace Schengen, ce qui complique les déplacements vers le continent.

Source : DW

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