Les moules, indicateurs de la qualité des eaux en France, alertent sur la pollution aquatique.

Les moules comme sentinelles de la qualité des eaux

Les moules comme sentinelles de la qualité des eaux en Hauts-de-France

Des chercheurs du Centre d’Infection et d’Immunité de Lille (CIIL), en collaboration avec le Laboratoire d’Océanologie et de Géosciences de Wimereux, ont réalisé une étude sur la présence du parasite Blastocystis sp. sur le littoral des Hauts-de-France. Ce protozoaire, présent chez l’humain et plusieurs espèces animales, a été détecté dans près de 25 % des moules analysées autour de Wimereux. Bien que cette découverte ne révèle pas de risque sanitaire avéré pour les baigneurs ou les consommateurs de coquillages, elle souligne l’importance des moules comme indicateurs de la qualité de l’eau.

Blastocystis sp. est le protozoaire unicellulaire le plus fréquemment retrouvé dans le tube digestif humain à l’échelle mondiale. Sa transmission se produit principalement par voie féco-orale, notamment via la consommation d’aliments ou d’eaux contaminés. Les effets sur la santé humaine demeurent à débattre, certaines lignées étant associées à des impacts négatifs sur le microbiote intestinal.

Des études antérieures sur le littoral de Boulogne-sur-Mer avaient déjà mis en évidence une forte prévalence de Blastocystis chez les moules, avec plus de 60 % de prélèvements positifs. Cela a suscité des interrogations sur l’origine de cette contamination et son évolution saisonnière. Pour y répondre, les chercheurs ont adopté une approche « Une seule santé », intégrant la santé humaine, animale et environnementale. Ils ont suivi la présence de Blastocystis dans les moules, l’eau des rivières et les déjections de bovins d’élevages voisins.

Les résultats montrent que les bovins présentent la prévalence la plus élevée, avec 38,3 % des échantillons positifs, suivis par les moules à 22,7 % et l’eau de rivière à 18,8 %. La contamination des moules varie selon les saisons : 22 % en hiver, 39 % au printemps, 13 % en été et 17 % en automne. La charge parasitaire chez les moules reste faible, ce qui indique qu’elles agissent comme des filtreurs passifs, accumulant des parasites sans nécessairement être infectées.

Les analyses génétiques ont révélé une diversité significative chez les moules, avec 14 sous-types identifiés, contre 8 chez les bovins et 3 dans l’eau. Certains sous-types pourraient provenir des déjections bovines, contaminant les cours d’eau par ruissellement, en particulier lors des épisodes pluvieux.

Cette étude met en lumière une pollution fécale multisource dans la zone côtière, un enjeu crucial étant donné que le littoral de Wimereux est fréquenté pour la baignade et la consommation de coquillages, souvent crus ou peu cuits. Bien que l’étude ne conclue pas à un risque sanitaire avéré, elle souligne une exposition potentielle à Blastocystis lors de la manipulation ou de la consommation de coquillages. Les chercheurs insistent sur la nécessité de renforcer la surveillance environnementale et sanitaire, surtout face à des facteurs aggravants comme les microplastiques et les épisodes de pluies intenses.

Pour en savoir plus, lire l’article complet : ScienceDirect.

Source : Centre d’Infection et d’Immunité de Lille – Université de Lille – CNRS UMR 9017- Inserm U1019 – Institut Pasteur de Lille – CHU de Lille.

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