Les modèles de Runway seront extrêmement utiles en robotique
Après l’ouverture d’un hub de recherche à Paris, Runway intensifie son développement vers les General World Models (GWM). Anastasis Germanidis, cofondateur et co-CEO de Runway, a exposé au JDN la stratégie de l’entreprise pour élargir l’IA vidéo vers des domaines tels que la robotique et le jeu vidéo, tout en cherchant à rivaliser avec Google dans la simulation du réel.
En décembre dernier, Runway a dévoilé GWM-1, sa première famille de General World Models, marquant ainsi un tournant significatif de la génération de vidéos vers des modèles interactifs. Germanidis souligne que la principale différence réside dans la capacité des world models à fonctionner en temps réel, permettant aux utilisateurs d’explorer les conséquences de leurs actions dans un environnement généré. Cette interactivité ouvre la voie à des applications concrètes dans des domaines tels que la robotique et la conception de systèmes autonomes.
Les GWM se déclinent en trois variantes : GWM Worlds pour les environnements explorables, GWM Avatars pour les personnages conversationnels et GWM Robotics pour la robotique. L’entraînement de ces modèles repose sur le modèle Gen-4.5, adapté pour générer des images de manière autorégressive, permettant ainsi un contrôle interactif à chaque étape de la génération.
Runway, initialement connue comme une plateforme d’IA vidéo pour créateurs, s’aventure désormais dans des secteurs comme la robotique et le jeu vidéo. Bien que cela comporte des risques, l’entreprise se concentre sur ces deux verticales, collaborant avec des entreprises pour développer des simulateurs qui permettent d’entraîner des robots sur des données synthétiques.
Outre la robotique, les General World Models trouvent également des applications dans le support client et la mise en scène virtuelle. Runway envisage que les revenus générés par ces applications pourraient dépasser ceux de sa plateforme actuelle, en se positionnant comme une solution essentielle pour les entreprises déployant des robots dans des environnements réels.
Les défis de rentabilisation de la génération vidéo par IA sont notables, comme le montre la fermeture de l’application Sora par OpenAI, qui a révélé les difficultés d’un modèle économique viable dans ce domaine. Néanmoins, Runway continue de se concentrer sur les professionnels de la création, cherchant à offrir un contrôle accru et à établir des partenariats solides avec des studios.
Avec l’ouverture d’un bureau à Paris, l’entreprise vise à renforcer sa présence en Europe et à capitaliser sur les compétences de recherche locales. Runway a récemment levé 315 millions de dollars, portant sa valorisation à 5,3 milliards de dollars, afin de soutenir ses efforts de recherche et d’expansion commerciale.
Source : JDN

