Madame la Ministre, combien de morts faudra-t-il encore ?
Face à la multiplication des drames liés aux « fausses injectrices », le syndicat des médecins libéraux et le cercle des bonnes pratiques en médecine esthétique interpellent la ministre de la Santé dans une lettre ouverte. Ils exigent des mes urgentes pour stopper ces pratiques clandestines qui ont déjà coûté la vie à deux femmes en quatre mois.
La médecine esthétique illégale tue. Deux décès, l’un à Lyon et l’autre à Nice, en l’espace de quatre mois, ont poussé près de 5 000 praticiens à sommer la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, d’endiguer ce fléau national.
Des marchands de mort sur les réseaux sociaux
Le constat du corps médical est sans appel face à la prolifération des « fake injectors » sur Instagram ou TikTok. Ces clandestines, sans formation médicale, injectent botox et acide hyaluronique dans des salons ou des appartements. Le docteur Dominique Bellecour souligne que « des hôpitaux réparent des jeunes défigurées. On est passé à un niveau supérieur, désormais ces fakes injectors tuent. » À Villeurbanne, une femme de 40 ans est morte en mars après des piqûres aux fesses ; une jeune femme de 25 ans a subi le même sort le 27 juillet dans un centre de beauté niçois.
Une réponse politique jugée urgente
Dans leur missive, intitulée « Madame la Ministre, combien de morts faudra-t-il encore ? », les médecins réclament une politique de santé publique coordonnée et la création d’un observatoire national de la médecine esthétique. Ils demandent également d’autoriser à nouveau la délivrance de botox aux médecins généralistes formés, actuellement bloqués par les officines. Pour le docteur Bellecour, les victimes sont principalement des jeunes désargentés, ce qui soulève des questions de discrimination sociale.
Source : Le Parisien.


