Les jeunes générations inquiètent les médecins : ce signal pourrait éclairer les cancers précoces
Les cancers ne sont plus uniquement des maladies liées à l’âge avancé. En effet, une augmentation des cancers diagnostiqués avant 50 ans est observée depuis plusieurs années, touchant particulièrement les cancers colorectaux, du sein, du pancréas et de l’utérus. Selon une analyse mondiale publiée dans BMJ Oncology, le nombre de nouveaux cancers précoces a augmenté de 79 % entre 1990 et 2019. Une étude récente dans la revue Nature Medicine propose une explication surprenante : les générations plus jeunes vieilliraient biologiquement plus rapidement que leurs prédécesseurs, ce qui pourrait favoriser l’apparition de certains cancers avant l’âge de 55 ans.
Notre corps peut-il être plus vieux que notre âge ?
Le vieillissement biologique, terme utilisé par les chercheurs, désigne le fait que deux personnes du même âge chronologique peuvent avoir des caractéristiques biologiques différentes. Pour étudier ce phénomène, des chercheurs de l’Université Washington à Saint-Louis ont analysé les données de plus de 154 000 participants de la UK Biobank, confirmant leurs résultats avec plus de 10 000 Américains.
Les résultats montrent qu’au Royaume-Uni, les individus nés entre 1965 et 1974 présentent un vieillissement systémique supérieur de 23 % par rapport à ceux nés entre 1950 et 1954. Aux États-Unis, les participants nés entre 1990 et 1999 affichent un vieillissement systémique supérieur de 92 % par rapport à ceux nés entre 1965 et 1969.
Vieillir plus vite augmenterait le risque de certains cancers
Les analyses indiquent que les personnes avec un vieillissement biologique marqué ont un risque accru de 15 % de développer un cancer solide précoce par rapport à celles dont le vieillissement est moins prononcé. L’étude révèle également des liens entre le vieillissement de certains organes et des cancers spécifiques. Par exemple, un vieillissement prématuré du système immunitaire est associé à un risque accru de cancer du poumon, tandis qu’un vieillissement du tissu adipeux est lié à un risque plus élevé de cancer colorectal avant 55 ans.
Les auteurs de l’étude soulignent qu’il s’agit d’une association statistique et que cette recherche ne prouve pas que le vieillissement biologique accéléré cause directement des cancers, mais il pourrait constituer un indicateur de risque important. Les chercheurs continuent d’explorer les raisons pour lesquelles certaines personnes vieillissent plus vite que d’autres.
« Si nous pouvons identifier les jeunes présentant le risque de cancer le plus élevé alors qu’ils sont encore en bonne santé, nous pouvons concentrer nos efforts sur la prévention et les stratégies de dépistage précoce pour ceux qui bénéficieront le plus d’interventions précoces », déclare le Pr Yin Cao, auteur principal de l’étude.
Source : BMJ Oncology, Nature Medicine
