Les maladies gynécologiques en France : un silence persistant autour des symptômes.

Septembre turquoise : « Les maladies gynécologiques souffrent encore trop du non-dit »

Les maladies gynécologiques souffrent encore trop du non-dit

Les maladies gynécologiques, notamment les cancers du col de l’utérus, de l’endomètre, de l’ovaire et de la vulve, souffrent d’un manque de visibilité et de discussion. Bien que le mois d’octobre soit dédié à la sensibilisation du cancer du sein avec l’initiative « Octobre rose », ces autres cancers féminins restent souvent dans l’ombre, révélant un tabou persistant autour de ces sujets de santé.

Un tabou à briser

Les professionnels de santé soulignent la difficulté d’aborder ces maladies. « Les organes concernés sont souvent liés à la reproduction et à l’identité féminine, ce qui peut rendre leur discussion délicate », explique le docteur Frédéric Guyon, chef du département de chirurgie à l’Institut Bergonié. Ce tabou peut avoir des conséquences graves, notamment en termes de retards de diagnostic et d’impact sur la santé mentale et physique des femmes.

Sensibilisation nécessaire

Face à cette situation, l’Institut Bergonié participe à l’initiative « Septembre turquoise », qui vise à sensibiliser le public et à encourager les femmes à consulter en cas de symptômes persistants. Chaque année, environ 3 200 femmes sont diagnostiquées avec un cancer du col de l’utérus, malgré l’existence de dépistages via le frottis et la vaccination contre les papillomavirus humains (HPV) dans les collèges. Le docteur Guyon souligne que « si tous les enfants à partir de 11 ans étaient vaccinés, nous pourrions éradiquer ce cancer, comme cela a été fait en Australie et au Royaume-Uni. »

Retards de diagnostic

Un constat inquiétant est le retard de diagnostic des cancers féminins, souvent lié à un déficit de gynécologie de ville. La majorité des gynécologues partent à la retraite sans être remplacés, ce qui complique l’accès à des soins appropriés. En Nouvelle-Aquitaine, seuls dix établissements de santé sont accrédités pour la prise en charge chirurgicale des cancers de l’ovaire, de la vulve et de l’endomètre. Les symptômes tels que des douleurs abdominales persistantes ou des troubles du transit doivent alerter les patientes, incitant à consulter rapidement.

Les chiffres montrent que la situation est préoccupante : entre 5 300 et 5 900 femmes sont touchées par le cancer de l’ovaire chaque année, tandis que le cancer de l’endomètre concerne environ 8 400 femmes. La sensibilisation et l’éducation sont donc essentielles pour encourager un dialogue ouvert et réduire les stigmates associés à ces maladies.

Source : Sud Ouest

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