Médicaments, vaccins… Comment les laboratoires s’appuient sur l’IA pour accélérer et perfectionner la recherche
L’intelligence artificielle (IA) entre dans les laboratoires pharmaceutiques avec un objectif clair : accélérer la découverte de nouveaux médicaments. Le laboratoire Sanofi ambitionne de réduire de moitié le temps nécessaire à la mise au point de traitements, en ciblant notamment les patients les plus susceptibles de bénéficier des essais cliniques.
L’impact de l’IA est illustré par le parcours de Hervé Facci, un patient ayant reçu un vaccin personnalisé, développé en partie grâce à l’intelligence artificielle, après avoir été diagnostiqué d’un cancer de la langue. Ce vaccin, conçu à partir d’une analyse des spécificités de sa tumeur, vise à renforcer son système immunitaire contre les cellules cancéreuses résiduelles. Selon le Dr Edith Borcoman de l’Institut Curie, l’IA permet d’analyser rapidement de vastes ensembles de données pour optimiser la sélection des traitements.
Chez Sanofi, l’intégration de l’IA transforme le paysage de la recherche médicale. Emmanuel Frenehard, directeur digital de l’entreprise, explique que près de cent employés, majoritairement des data scientists et développeurs, travaillent à la création d’outils d’intelligence artificielle pour améliorer chaque étape du développement d’un médicament. En moyenne, le processus de développement d’un médicament prend entre 10 et 12 ans, mais avec l’IA, Sanofi vise à réduire ce délai de 50 %.
Parallèlement, des chercheurs utilisent des technologies avancées, comme la réalité virtuelle, pour visualiser les structures moléculaires en 3D, ce qui permet d’accélérer la recherche de nouvelles molécules. Hervé Rolland, directeur du site recherche et développement chez Sanofi, souligne qu’avec l’IA, des travaux qui prenaient auparavant trois à quatre ans peuvent désormais être réalisés en quelques jours.
L’IA est également en train de redéfinir l’industrie pharmaceutique à l’échelle mondiale. Une entreprise basée à Shanghai, Insilico Medicine, utilise l’IA depuis cinq ans pour analyser des milliards de molécules. Son directeur, Alex Zhavoronkov, affirme que sa société a pu développer 30 médicaments en cinq ans, alors qu’une entreprise de taille similaire n’en aurait généralement que deux ou trois en cours de développement. Parmi ces médicaments, un traitement pour la fibrose pulmonaire, entièrement conçu par IA, est en phase d’essai clinique et pourrait être commercialisé d’ici 2030.
Ainsi, l’introduction de l’intelligence artificielle dans la recherche pharmaceutique représente une avancée significative, bien qu’il reste des défis à surmonter pour garantir l’efficacité et la sécurité des nouveaux traitements.
Source : Franceinfo

