Ces zones à risque que les jeunes acheteurs boudent déjà

Ces zones à risque que les jeunes acheteurs boudent déjà

Le marché immobilier français semble être en mutation. Si l’emplacement, la surface, l’état et la performance énergétique d’un bien ont longtemps été les critères déterminants pour sa valorisation, un nouvel élément entre en jeu : l’exposition aux risques climatiques. Les menaces telles que les incendies, les inondations, la sécheresse et le retrait-gonflement des argiles ne relèvent plus uniquement de la prévention ou de l’assurance, mais commencent à influencer directement la demande.

Les jeunes acheteurs, en particulier, réagissent face à ces enjeux. Selon des études récentes, un tiers des moins de 35 ans déclarent éviter les zones à risque d’incendie lors de leur recherche de logement, un chiffre qui contraste avec les 18 % de leurs aînés. Cette tranche d’âge représente une part significative des primo-accédants, ce qui pourrait avoir des répercussions sur la dynamique du marché à venir. Par ailleurs, la surprime CatNat, intégrée à tous les contrats d’assurance habitation, a augmenté de 12 % à 20 % au 1er janvier 2025, soulevant des questions pour les propriétaires sur la valorisation de leur bien dans des zones à risque.

Les disparités en matière d’assurance sont déjà visibles entre différentes régions. La Corse, la région PACA et la Nouvelle-Aquitaine figurent parmi les zones les plus coûteuses en matière d’assurance, tandis que la Bretagne, les Pays de la Loire et la Normandie sont relativement mieux placées. Christel Caterino, responsable du Pôle Immobilier chez Nous Assurons, souligne que l’augmentation de la surprime CatNat illustre comment le risque climatique devient un coût durable associé à la détention d’un logement, influençant progressivement sa valeur.

Il est crucial de noter que la décote ne se joue pas à l’échelle régionale mais plutôt à l’adresse précise. Après les incendies en Gironde, des décotes allant de 5 % à 15 % ont été observées sur certains biens situés en lisière de forêt. En revanche, sur le littoral breton, malgré l’érosion, les ventes n’ont pas significativement ralenti. Caterino insiste sur le fait que l’analyse devrait se concentrer sur l’adresse et la vulnérabilité réelle des bâtiments plutôt que sur des généralisations régionales.

Avant d’acheter ou de vendre, il est désormais essentiel de se renseigner sur l’exposition d’un bien. Il est recommandé de consulter l’état des risques et le site Géorisques pour vérifier l’exposition aux inondations, aux incendies et aux autres risques, ainsi que de se renseigner sur les antécédents de sinistres et de demander une simulation d’assurance. Une assurance difficilement accessible ou coûteuse peut avoir un impact significatif sur la valeur d’un bien.

Source : Capital.

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