Diasporas commerçantes : les Indo-Ougandais, poids lourd de l’économie du pays
Cette semaine, « Aujourd’hui l’économie » met en lumière les diasporas commerçantes, en commençant par les Indo-Ougandais, une communauté estimée à environ 35 000 personnes, essentielle à l’économie ougandaise.
Né à Kampala, Zohran Mamdani, devenu maire de New York, évoque l’histoire de sa famille, expulsée en 1972 par le régime d’Idi Amin Dada. À l’origine, au XIXe siècle, une importante communauté indienne s’est installée en Ouganda, attirée par des opportunités de travail offertes par les colonisateurs britanniques. L’historien Gérard Prunier souligne que cette migration était souvent perçue comme une quête d’un avenir meilleur.
Réussite économique et jalousie
Les Indo-Ougandais, connus sous le nom de « Dukawalla », ont ouvert de nombreux commerces, contribuant à la création d’un tissu économique solide. Leur organisation autour de grandes familles a également été déterminante pour le secteur agricole. La chercheuse Sandrine Perrot du Centre international de recherches de Sciences Po indique que ces familles ont joué un rôle clé dans le développement de l’agriculture d’exportation.
Cependant, leur succès a suscité des tensions. Dans les années 1940-1950, des manifestations ont eu lieu, dénonçant la domination économique des Indiens. Le point de rupture est survenu en 1972, lorsque le régime d’Idi Amin a ordonné l’expulsion de toutes les populations asiatiques, accusées de freiner l’économie du pays.
Contribution au PNB
L’impact de cette diaspora sur l’économie ougandaise est considérable. Selon des estimations, la diaspora indienne contribuerait à 60 % du produit national brut (PNB) du pays. Après l’expulsion, l’économie a subi un choc sévère, étant déconnectée des réseaux d’import-export que les Indo-Ougandais avaient établis. Ce n’est qu’en 1986, avec l’arrivée au pouvoir de Yoweri Museveni, que des efforts ont été faits pour inciter les membres de cette communauté à revenir, souvent via un système de compensation.
Malgré leur retour et leur rôle crucial dans l’économie, la question de leur reconnaissance officielle demeure. Pour obtenir la citoyenneté ougandaise, il est nécessaire de faire partie des ethnies indigènes reconnues par la Constitution. En revanche, au Kenya, les Kényans d’origine asiatique ont obtenu en 2017 la reconnaissance officielle de leur statut en tant que 44e tribu du pays.
Source : RFI



