Les queers d’aujourd’hui sont-iels les Lumières d’autrefois ?
Les publications sur les Lumières se multiplient ces derniers temps. Des historiens et philosophes tels que Corine Pelluchon, Adama Ouattara-Sanz, Yves Citton ou Antoine Lilti contribuent à enrichir le débat autour d’un mouvement intellectuel qui continue de susciter des analyses et des discussions.
Actuellement, l’usage des Lumières est souvent récupéré dans le discours politique, notamment à droite. Ce phénomène, qualifié d’« appel aux Lumières », consiste à mobiliser les idées des Lumières pour soutenir diverses thèses, parfois contradictoires. Des ouvrages comme Face à l’obscurantisme woke illustrent cette tendance, présentant les Lumières comme un rempart contre ce qui est perçu comme une décadence politique, associée aux théories queers, féministes et décoloniales.
Dans ce contexte, les critiques de certaines tendances contemporaines, comme la « théorie du genre », sont présentées comme des menaces civilisationnelles. Ces positions appellent à un retour à la raison, une leçon que l’on attribue aux Lumières, tout en dénonçant l’irrationalisme et le mépris pour la science qui seraient caractéristiques de la pensée critique actuelle.
Pour beaucoup de Français, les Lumières demeurent un symbole d’émancipation, représentant un moment clé dans l’histoire européenne où la pensée s’est affranchie des dogmes, notamment religieux. Cette vision continue d’influencer le débat public et les perceptions contemporaines de la rationalité et de l’humanisme.
Source : AOC Media, Myriam Bahaffou.

